Revue ciné : Glory & Après la tempête

Glory,  Kristina Grozeva & Petar Valchanov

Tsanko, cantonnier des chemins de fer bulgares, trouve sur les rails un gros paquet de liasses de billets, et appelle aussitôt la police. Le ministère du transport, en partie pour passer sous silence ce qu’ils appellent le scandale des chariots, en fait un héros au cours d’une cérémonie grotesque et sur-médiatisée. Seulement, le cheminot n’est pas traité avec respect par la directrice des relations publiques et son équipe, qui iront jusqu’à paumer sa montre, et le menacer bien gentiment de la fermer sur ce qu’il sait.  On se prend de pitié pour ce pauvre homme à la barbe hirsute et à la diction compliquée, tandis que le personnage de la directrice des RP,  Julia Staikova,  est proprement glaçante et cynique. 

Film traitant de la corruption du gouvernement Bulgare, il met en avant un anti-héros ordinaire, pris dans le rouleau compresseur des communicants qui n’hésitent pas à manipuler la vérité. Glory met en exergue deux personnages antinomiques, qui évoluent chacun au fil du récit jusqu’à leur ultime rencontre. J’ai aimé la réalisation simple et réaliste, les plans caméras à l’épaule, la personnalité fine des personnages, tout en nuances et en failles. La fin n’a pas le mérite du développement, hélas, comme écrite à la va-vite. 

Ce film n’est pas sans nous rappeler « Baccalauréat » récemment sorti en DVD, qui traitait de la corruption au sein de l’administration Roumaine (article : Baccalauréat).

Après la tempête, Hirokazu Kore-eda

Nous quittons la Bulgarie pour partir au Japon, retrouver le réalisateur de Tel père tel fils et Notre petite soeur qui nous raconte une fois de plus une histoire de filiation. Ryota est un homme perdu, écrivain ayant reçu un prix quinze ans plus tôt, il végète aujourd’hui dans une emploi de détective à mi-temps sensé lui servir de base pour l’écriture d’un nouveau roman, roman qui n’avance pas. Sa femme l’a quittée, et il n’a pas l’argent pour lui verser sa pension.  Il semble inconséquent, nombriliste et malhonnête. Pourtant, à mesure qu’avance le film,  Ryota se révèle plus complexe qu’il n’en a l’air dans cette reconquête impossible qu’il tente envers les siens.

Moins magistral et poignant que son premier opus,  Après la tempête explore avec douceur la blessure d’un homme et la manière dont il tente de se faire une place dans la vie de son fils, alors qu’un autre homme entre dans le cœur de son ex-femme. Peu d’action mais de l’humour, des situations cocasses sur fond de typhon, comme une métaphore de la séparation. C’est beau, doux, tendre mais sans véritable enjeu dramatique, rendant le visionnage agréable, notamment pour ses fabuleux acteurs, mais peu prenant, voir flirtant avec l’ennui, à certains moments.

Qu’avez-vous vu au cinéma durant ce weekend de 3 jours ? L’un de ces deux films vous tente ? 

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3 réflexions sur “Revue ciné : Glory & Après la tempête

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