Thelma, de Joachim Trier


De Joachim Trier, j’avais aimé son délicat Back Home. Je me rendais donc avec enthousiasme découvrir son dernier né, Thelma, qui promettait un scénario psychologique teinté de surnaturel. La jeune Thelma quitte le nid familial pour aller étudier à Oslo, et se retrouve seule, et sans ami, pour la première fois livrée à elle même. Mais elle fait rapidement la connaissance de la jolie Anja, dont l’amitié la perturbe plus que de raison. Dès ce moment, Thelma se découvre atteinte d’une drôle de maladie qui la plonge dans des sortes de crise d’épilepsie. Tout dans ce Thelma est symbolique et nimbé de mystère.

Si « Thelma » souffre de quelques longueurs, le réalisateur a su instaurer une atmosphère très particulière, à la fois angoissante, et douce. Une sorte de thriller psychologique, où l’adolescente se découvre, et plonge dans des traumatismes anciens, et oubliés.  La pâleur des plans où la jeune femme se cherche alterne avec l’éclat de ceux où elle retrouve la jolie Anja. Entre refoulements de désirs interdits et trauma anciens, Thelma se débat contre elle même tout en apprenant à grandir loin de son cocon familial étouffant.

Ce film s’apparente à un conte initiatique, envoûtant, passionnant, mais glaçant aussi.  Grâce à une réalisation éthérée, dont le premier plan, d’entrée de jeu m’a fait pousser un « Who » par sa beauté, Thelma envoûte également par son casting. Passant par toutes les émotions, la jeune Thelma entraîne le spectateur avec elle. Cherchant à découvrir ce que cache ce visage d’ange et de jeune fille sage. Découvrant avec elle l’amour, et les désillusions. Goûtant les plaisirs interdits et les remords qui l’accompagnent, et assistant à sa libération, solaire.

Malgré le maniérisme de certains plans, la lenteur superficielle de certaines séquences, Thelma possède une sophistication maîtrisée, mais qui n’a rien de prétentieux. Même s’il oscille entre triller psychologique et science fiction, sans jamais choisir, il a ce charme vénéneux qui ne lasse pas.

Vénéneux, surnaturel, envoûtant, ouaté, Thelma est un délicat mélange de genres, porté par une héroïne d’une beauté angélique.

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