Juste la fin du monde – Xavier Dolan

1Le petit génie de la réalisation nous revient après le coup de massue cinématographique qu’il nous avait asséner avec le magistral Mommy. Découvert avec le thriller Tom à la ferme, qui m’avait fait vibrer et frémir, j’étais bien moins encline à aller découvrir ce nouvel opus trusté par un casting parfaitement franco français. Je voulais de l’accent Québécois moi. Cependant, si Léa Seydoux et Marion Cotillard me donnait envie de passer mon chemin, je restais curieuse de découvrir l’adaptation au mot près d’une pièce de théâtre. Xavier Dolan n’a pas remanié le texte, passant du format théâtre au format cinéma sans une retouche. 

Après douze ans d’absence, Louis, auteur à succès, revient voir sa famille. Il a quelque chose à leur dire. Douze ans d’absence, ça se paie par des reproches, des piques et des regards lourds de sens. Ce sont ces retrouvailles compliquées, gangrenées par les doutes et les rancœurs, que relate le réalisateur.  Le film s’ouvre sur une scène similaire à celle de Tom à la ferme, puisque Louis se trouve lui aussi dans une voiture filant à travers la campagne. La musique accompagne cette scène et étreint le spectateur d’entrée de jeuGabriel Yared avait déjà composé la bande originale de Tom à la ferme en 2012, et se prête cette fois encore à l’exercice avec brio. La musique tient un rôle prépondérant dans la filmographie de Dolan, et accentue le caractère singulier de celle-ci.

Ce huis clos est un moment étonnant. Nathalie Baye se révèle le personnage le plus intéressant, la mère creuse et exubérante, n’en est finalement que plus profonde, ambiguë, envoûtante. Chaque personnage porte son lot de contradictions, et les plans serrés sur les visages, l’attention portée aux voix et aux mots, les rendent plus importants. Peu importe le scénario, plus mince qu’une feuille à rouler, ce qui compte ce sont les regards, les gestes, et certains mots. Il y a des scènes d’une intensité sublimée par la caméra de Dolan, qui a une patte indéniable et une intelligence hors norme dans la manière de capter l’essence de ses comédiens.

S’il n’a pas la puissance de son précédent opus, « Juste la fin du monde » possède un charme inimitable, et une dramaturgie parfaitement maîtrisée.

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8 réflexions sur “Juste la fin du monde – Xavier Dolan

  1. Anita dit :

    J’hésite car j’ai vu cette pièce il y a quelques années, et c’était sublime ! Catherine Hiegel était la mère.
    J’en un si bon et fort souvenir que je voudrais pas être déçue !

  2. Audrey dit :

    Étant une inconditionnelle de Dolan je ne pourrais pas faire l’impasse. Malgré tout, je suis comme toi : le casting ne m’a pas non plus enthousiasmée quand je l’ai découvert. Heureusement, depuis quelques années j’ai réussi à re-aimer Marion Cotillard par contre Léa Seydoux… je vais avoir du mal !!!

    • auroreinparis dit :

      Léa Seydoux a des qualités indéniables de comédienne mais il y a tjs quelque chose qui passe mal avec elle. Reste qu’elle brille quand même bien dans ce huis clos, comme tout le reste du casting !

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