Le labyrinthe du silence – Giulio Ricciarelli

4En 1963 s’ouvrait un procès historique, celui de responsables nazis ayant participé à l’extermination et à la torture de milliers de personnes à Auschwitz. Le labyrinthe du silence se propose de retracer la difficulté de l’Allemagne a reconnaître les crimes dont son peuple s’est rendu coupable, si fraîchement, 20 ans, après les faits. Au travers d’un jeune procureur, Johann Radmann, le réalisateur raconte le difficile et douloureux chemin jusqu’au procès. Torturé par les témoignages des victimes et l’absence de remords des bourreaux, il prend à cœur sa mission à tel point qu’il frôle la folie.

Très classique dans sa réalisation ce film n’en reste pas moins une véritable réussite, précis, au scénario ciselé. Ce film est porté par un casting 3 étoiles, avec mention très bien à l’interprète du jeune procureur, Alexander Felhing, que l’on ne peut s’empêcher de manger des yeux d’ailleurs, émouvant, parfaitement juste. Premier long métrage de Giulio Ricciarelli, on sent que le réalisateur s’est documenté, délivrant une reconstitution très soignée. Malgré une mise en scène classique comme je le soulignais, peu inventive, le sujet prend toutefois aux tripes, à mesure que le combat du jeune procureur devient plus difficile dans un pays qui ne souhaite pas reconnaître ses torts.

Prenant à bras le corps un sujet sensible, sans voyeurisme ni démonstration, le réalisateur livre un film de faits, d’histoires et d’Histoire, donnant toute leur place aux personnages, leur laissant le champs libre pour exister et remuer les propres démons des spectateurs, interrogeant sur nos propres lâchetés et les yeux que l’on ferme parfois par manque de courage ou par négligence. L’image est belle comme carte postale de l’époque. Ainsi malgré une mise en scène en retrait, « Le labyrinthe du silence » séduit comme une leçon d’histoire plus que comme un moment de cinéma.

S’il ne sera pas dans le top de mes films 2015, « Le labyrinthe du silence » offre une pudique reconstitution d’une époque complexe qui m’a émue.

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14 réflexions sur “Le labyrinthe du silence – Giulio Ricciarelli

  1. Audrey dit :

    J’ai globalement eu le même avis que toi sur ce film que j’ai trouvé classique, bien que très réussi. Il a le mérite de très bien traiter son sujet et de proposer une reconstitution vraiment soignée, comme tu le soulignes… Il était donc à ne pas manquer ! 🙂

  2. bookyboop dit :

    perso j’ai adoooooré. J’ai trouvé que ça prenait d’autant plus aux tripes qu’on ne voit pas de scène de violence. Tout est dans le ressenti, dans les mots. Moi je pense qu’il ira dans mon top 2015 !

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