Tout sur ma mère – Pédro Almodovar

Pédro Almodovar est pour moi l’un des réalisateurs les plus doués de sa génération pour filmer et sublimer la femme. Ses films sont tous une ode à la sensualité féminine, même si elle est trouble, duale , ambiguë. Il a réalisé bon nombre de films sur la question de la sexualité, notamment par le biais des travestis, et du rapport au corps. Qu’elles aient un sexe d’homme malgré une apparence de femme, ou qu’elles soient femmes de naissance, Almodovar a toujours donné la parole à ses personnages féminins, elles ont toutes du chien, et du caractère. Et J’aime retrouver sur grand écran mon actrice favorite, qui est aussi son égérie, la fabuleuse Pénélope Cruz.  Après le dernier film porté sur écran, qui m’avait fascinée et troublée , La piel que habito, j’avais envie de découvrir plus avant le réalisateur. Je n’avais encore jamais vu Tout sur ma mère, séance de rattrapage, donc.

Manuela vit seule avec son jeune fils de vingt ans. Le père se présente comme une figure absente, et mère et fils semblent vivre une relation absolument fusionnelle. A la sortie d’une pièce de théâtre « Un tramway nommé désir« , elle lui parle pour la première fois de son père, lui révélant qu’elle avait joué cette pièce avec lui par le passé. Il est alors renversé par une voiture, le jour de ses vingt ans. La mère, brisée, part à la recherche du père de son fils. Elle rencontre dans son périple une ancienne amie aujourd’hui travestie et prostituée, et une jeune bonne soeur que son ex mari a mise enceinte. Les trois femmes vont se soutenir, se réconforter, s’aider.

A la fois pénible et triste, sombre et sans espoir, ce film offre une galerie de personnages truculents, drôles et beaux. Comme dans beaucoup de ses films précédents et suivants, il explore le thème de l’identité, à la fois sexuelle et génétique. Son mari étant devenue femme, Manuella a préféré partir sans lui dire qu’elle était enceinte, le petit garçon n’a donc jamais connu son père. Sans rien dévoiler de l’histoire on se rend compte qu’elle considère finalement ce silence comme une erreur qu’elle ne commettra pas deux fois. Finalement, il vaut mieux connaitre son géniteur quel qu’il soit et quelque soient ses choix de vie, que grandir avec un fantasme et une absence que rien ne comble.

Je l’ai trouvé intelligent même si Almodovar m’a quelque fois perdue. C’est parfois abracadabrant mais j’ai bien aimé le petit côté provocateur, qui aura sans doute comme effet de chatouiller les plus conservateurs. Bien qu’un peu brouillon, Almodovar a réuni dans ce film les ingrédients qui font que j’aime son cinéma : les personnages loufoques et attachants, les dialogues parfois complètement burlesques, l’élégance dans le mauvais gout. A voir si ce n’est déjà fait !

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2 réflexions sur “Tout sur ma mère – Pédro Almodovar

  1. filou49 dit :

    salut aurore,
    Pour ma part, ta phrase du début d’article je j’aurais arrété à « Pédro Almodovar est pour moi l’un des réalisateurs les plus doués de sa génération. Et point final :o)Tout sur ma mère n’est sans doute pas mon préféré ( je préfère parle avec elle ou les étreintes brisées), mais ce film reste un kadéleioscope d’émotions et de virtuosité eblouissant!!! bonne soirée à toi

    • auroreinparis dit :

      Oui bien sur, il est de toute manière un excellent réalisateur ue j’ai adoré avec Volver, la mala educacion, ou les étreintes brisées. Chaque film a une vraie âme. Mais j’appuyais sur cette sensibilité et sa virtuosité à parler de féminité. Son cinéma me touche énormément ! Merci pour ton passage, bonne soirée à toi aussi !

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