La colère d’un homme patient, de Raúl Arévalo

La colère d’un homme patient – Raúl Arévalo

José va au bistrot, joue aux cartes, séduit la femme d’un taulard qui doit sortir une semaine plus tard. Il traîne dans un quartier qui n’est pas le sien. On ne sait pas bien ce qu’il veut, peut être est-il amoureux ? Curro sort de taule, après 8 ans derrière les barreaux, heureux de retrouver enfin sa femme, son fils et sa vie d’homme libre, de mettre son passé derrière lui, ce braquage raté, durant lequel une personne a trouvé la mort. Ce film Espagnol, avec sa photographie poussiéreuse, ses tons ocres et son rythme tendu est un bijou de tension et de suspens, soutenu par une bande son impeccable.  

Un scénario implacable …

Il m’a fat penser à « La Isla minima« , implacable, pourvu d’un casting absolument parfait, d’hommes blessés et de femmes pleines d’espoir, au scénario brillant dont les arcanes se dévoilent comme une mécanique bien huilée. C’est âpre, violent, mais pas sans espoir. C’est une histoire de vengeance, un thriller aux habits de western, un polar noir, un uppercut. La colère d’un homme patient (Tarde para la ira) ne vous laissera pas indifférent, de par sa mise en scène parfaitement maîtrisée, sa réalisation léchée et son scénario efficace. 

… Une réalisation impeccable.

L’obsession du héros transparaît dans chaque plan, son entêtement, sa détermination, et pourtant, dans ses yeux, il y a de la nostalgie, de la tristesse, et non pas seulement cette colère froide prête à tout détruire. Une victime qui se transforme en bourreau pour venger le passé, c’est très classique, et le réalisateur raconte l’histoire avec grâce et minutie. C’est aussi le grain épais de l’image, filmée sur une pellicule de 16 mm, qui ajoute à brut et râpeux de l’histoire.

Une réussite que ce premier film de Raúl Arévalo, qui est aussi une réflexion sur notre part d’humanité, celle qui se noie dans la souffrance d’un impossible deuil.

NB : Le réalisateur a joué dans La Isla Minima, avec Antonio de La Torre, d’où, sans doute, les influences que l’on retrouve dans sa première réalisation.

L’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé  ? Avez-vous vu La Isla minima sorti en 2015 ? 

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11 réflexions sur “La colère d’un homme patient, de Raúl Arévalo

  1. matchingpoints dit :

    Nous partageons tout à fait votre avis. C’est un film très bien construit qui garde le suspens et des surprises jusqu’au bout. Nous aussi avons pensé au film La Isla minima, par sa manière de filmer les personnages et les espaces.

  2. Ronnie dit :

    Pas très emballant, ça se traine même quasi jusqu’au final, moment le gazier présente l’addition & règle les comptes. Un film dans la moyenne cela dit.

  3. dasola dit :

    Bonjour Aurore, j’avais vu et aimé la Isla minima c’est pourquoi je me réjouissais d’aller voir celui-ci et j’avoue que j’ai n’ai pas trouvé le film à la hauteur et puis la vengeance comme moyen de justice m’a beaucoup gênée même si je peux comprendre son sentiment. C’est une vengeance un peu gratuite. Bonne après-midi.

    • auroreinparis dit :

      Ah dommage 😦 Oui moi aussi ça me gêne la violence qui répond à la violence, mais je pense que c’est justement tout le propos du film. Et tu remarques qu’il SPOIL épargne Currio. Moi il m’a fait réfléchir quand même et j’adore la réalisation.
      Bonne AM 🙂

  4. pascale265 dit :

    Je me suis copieusement ennuyée dans une grande première partie et je trouvais l’image d’une laideur !!! Et construction en chapitre comme si on était pas capable de comprendre.
    La vengeance par contre : enfin ça bouge !

    • auroreinparis dit :

      Je me rends compte qu’il n’a pas eu tant de succès que ça, j’ai presque l’impression d’être dans la minorité qui l’a aimé ! J’ai vraiment tout aimé moi sauf peut être la construction en chapitre 🙂

  5. filou49 dit :

    Moins fan que toi sur ce coup là… passé la beauté des images et une construction en forme de puzzle qui tient l’intéret du spectateur le film reste un film de vendetta somme toute classique et quand même un peu nauséabond comme souvent dans ce genre de films…je suis toujours un peu géné lorsqu’on titille le spectateur sur ses instincts primaires en jouant le jeu du chantage émotionnel et le film n’échappe pas à cela pour moi..une déception malgré la pluie de bonnes critiques..

    • auroreinparis dit :

      Coucou Filou !!! Ça fait longtemps, très contente de te revoir ici ! 🙂
      Oui je me rends compte que pas mal de gens n’ont pas aimé ce film. J’ai été gênée par la vendetta et ne la cautionne pas, je serai plutôt bouddhiste, mais c’est ça que j’ai trouvé intéressant, en plus du casting, de la réalisation et de l’image du film.

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