La isla minima – Alberto Rodriguez

La-isla-minima-afficheSorti mercredi dernier, je me trouvais en salle le soir même pour voir la Isla Minima dont la bande annonce m’avait donné à penser que ce polar espagnol serait parfaitement à mon gout. On se retrouve en Espagne, dans un village paumé au milieu des marais Andalous, en 1980. Le pays sort à peine de la période Franquiste, soit 45 ans de dictature. Deux flics sont appelés par la police locale à la rescousse pour retrouver deux jeunes filles disparues, des sœurs. Elle sont assez rapidement retrouvées dans le marais, atrocement mutilées et violées. L’enquête commence, non sans mal et sans danger.

La photo de ce film est impeccable en tout point, qu’il s’agisse de l’image d’une époque ou des prises de vue des marais, parfaitement impressionnantes. Tout contribue à donner à ce film une atmosphère véritablement malsaine, une tension parfois suffocante. Le delta du Guadal­quivir devient le théâtre d’une comédie dramatique sur fond de tensions sociales et divergences politiques. La isla minima est à la fois un thriller classique avec son enquête policière, et une fresque sociale et politique, comme le témoignage d’une époque fragile et complexe, où les passés sont troubles, et les avenirs peu assurés dans une démocratie balbutiante.

Entre la sauvagerie des meurtres, et celle du paysage, le duo de flics n’est pas en reste. Bad cop, good cop, on ne sait plus trop qui est qui, les personnalités se distordent, le gentil pète un câble, le méchant se montre raisonnable. Il y a dans ce film un mélange des genres et des saveurs, des moments oniriques, et de la violence, de l’action, des intrigues. La fin m’a quelque peu laissée sur ma faim après une mise en place soignée et plutôt longue, celle-ci arrive un peu trop vite et donne au spectateur largement matière à cogiter et à se poser moult questions.

Polar trouble, critique d’une Espagne encore hantée par son passé Franquiste, La isla minima est un film aux milles facettes, encensé par la critique, récompensé par le métier lors de la cérémonie des Goyas (les César espagnols). Je vous recommande à mon tour de vous glisser dans une salle obscure savourer ce film d’atmosphère maitrisé.

 

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8 réflexions sur “La isla minima – Alberto Rodriguez

  1. Audrey dit :

    Il me fait très envie !
    Certains ont l’air de le comparer à la série True détective (je sais pas si tu regardes) alors si c’est le même genre d’ambiance, je devrais aimer

  2. filou49 dit :

    la critique est bonne-quasiment en majorité j’ai lu quelques critiques plus mitigées j’avoue avoir du mal à comprendre- hélas le film ne fait pas vraiment de miracle au box office hélas…je suis pas sur qu’une sortie en plein été soit des plus pertinente pour ce genre de film mais bon on sait pas si il aurait été plus vu en dehors..enfin bon en totu cas on est sur la meme longueur d’ondes tous les deux !!! très bon début de semaine à toi chère aurore!!

    • auroreinparis dit :

      Très dommage que le box office ne suit pas car clairement il le mérite, mais quelques gros blockbuster lui volent la vedette, sans compter le soleil qui vide les salles de cinéma. Enfin à Paris cette semaine, il a peut être ses chances de refaire surface !
      Bonne journée Filou !!

  3. Guillomnivore dit :

    Sais-tu si les vues aériennes du Guadalquivir au début sont réelles ? Les couleurs sont absolument folles. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai aimé ce film.

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