Valley of Love – Guillaume Nicloux

1Depardieu, personnalité décriée mais acteur fabuleux. Il forme avec Isabelle Huppert  un couple brisé dont le fils rassemblera les destins par delà la mort. Au cœur du désert Californien, ils se sont lancés dans une aventure folle, en suivant les consignes de leur fils. Michael s’est donné la mort. Ses parents ne l’ont pas vu depuis des années. Portant le poids de cette culpabilité, malgré leur séparation, ils se retrouvent, l’un septique, l’autre convaincue de revoir son fils. Isabelle et Gérard ont alors un drôle de rendez-vous, au cœur de la Vallée de la mort.

Ce film ne laisse pas indifférent, par son rythme, ses paysages, sa réalisation , ses dialogues surprenants. D’étapes en étapes, la réflexion s’initie, autour de retrouvailles douloureuses, où chacun se fissure devant l’autre, pour vivre ensemble cette douleur indescriptible de la perte. Un peu onirique, fragile, en permanence sur le fil, Valley of Love m’a permis de redécouvrir Gérard Depardieu dans un rôle singulier, formant un couple avec Isabelle Huppert, pour la première fois depuis 30 ans. S’il n’était pas, à l’origine, pressenti pour le rôle et que le film devait se tourner en langue anglaise, Depardieu se révèle très bon dans ce rôle, sous un jour plus intimiste.

Beau par les questions qu’il pose, sur l’amour, la mort, la spiritualité, offrant à ses acteurs des rôles en nuance, en retenue et en larmes, en émotions et en sentiments, Valley Of Love ne laisse vraiment pas indifférent. On pourra lui reprocher une lenteur et un certain vide, une mise en scène assez plate,  j’en retiens un vertige indéfinissable, une sensation impalpable. Je n’ai pas eu envie de pleurer, je n’ai pas été touchée en plein cœur, pourtant, j’en garde une empreinte particulière. Laissant au spectateur le soin de faire travailler son imaginaire, le réalisateur l’embarque dans un voyage oppressant et implacable.

Valley Of Love réunit deux monstres du cinéma. Il est impossible de ne pas se trouver marqué par Depardieu, grossi et paraissant vulnérable, ni de se rappeler en écho la mort de son propre fils. Mais au delà de tout ça, Valley of love est singulier et ne ressemble qu’à lui même.

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13 réflexions sur “Valley of Love – Guillaume Nicloux

  1. matchingpoints dit :

    Vous n’êtes pas la première personne qui dit ne pas avoir été touchée, sans dire pour autant que c’est un mauvais film. C’est peut-être Depardieu et son vécu qui donnent de l’intérêt à ce film ?

    • auroreinparis dit :

      Alors c’est très bizarre car je n’ai pas été touchée, mais j’ai été remuée, l’atmosphère est vraiment étrange et l’empreinte reste longtemps après ….

  2. Audrey dit :

    J’aime l’affiche, si simple soit elle ! et je trouve toujours agréable de retrouver Depardieu sur grand écran. Ce qu’il est dans la vie, qu’on le considère comme mauvais ou bon, n’influe pas vraiment sur mon avis sur l’acteur ! Quant à Huppert, elle fait du bon et du moins bon mais elle est incontournable !
    Je vais tenter de le voir !

  3. filou49 dit :

    oui le film d’après ce quej’ai pu lire dessus est certainement moins émouvant que ce que son pitch de départ le laissait entendre, mais effectivement le sujet le décor et ce couple de monstres sacré suffit a priori largement pour que le film vaut le coup d’oeil..normalement je le vois d’ici la fin de la semaine, ..très bonne soirée à toi chère aurore!!

    • auroreinparis dit :

      Il est assez étrange, il laisse des sensations bien plus qu’il n’émeut, c’est pas un film tire larmes quoi. Je le trouve vraiment réussi. Hâte d’en avoir ton avis ! Bonne soirée Filou !

  4. tinalakiller dit :

    Je rejoins pas mal ta critique même si j’ai quand même été émue (pas forcément au bord des larmes mais j’ai senti que je n’étais pas insensible). Certes, quelques moments un peu vides, voire chiants (disons les choses) mais pourtant quelque chose fonctionne, c’est vertigineux, pose de bonnes questions sur notre rapport à la spiritualité. Franchement j’ai bien aimé ce film, très beau et un peu différent de ce qu’on nous propose. Je crois qu’il y a des plans qui peuvent paraître insignifiants et qui en réalité en disent beaucoup, ça mériterait presque une seconde séance. Et puis Depardieu et Huppert, je les adore !

    • auroreinparis dit :

      Je suis complètement ‘accord avec toi, disons que je n’ai pas été émué au larmes, mais il a une empreinte particulière et comme tu le dis le moindre plan peut avoir une signification. Je l’ai aimé aussi !

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