De rouille et d’os – Le dernier sublime Audiard

Dans ce festival de Cannes, le film qu’il me tenait le plus à cœur de voir , c’est celui-ci : De rouille et d’os. En 2009 Un prophète m’avait beaucoup marquée, et j’avais apprécié que, malgré toute la dureté des deux heures de film, on termine sur une fin à la saveur de « Happy end ». J’aime ce cinéma cinglant qui te raconte la vie dans toute sa noirceur, mais finit par ouvrir les rideaux, et laisser passer le rayon de soleil salvateur. Aujourd’hui Jacques Audiard revient avec  l’adaptation d’un recueil de nouvelles de Craig Davidson : « Un Goût de Rouille et d’Os » publié en 2005.

De rouille et d’os, c’est l’histoire de deux abimés de la vie qui se rencontrent à la sortie d’une boite de la côte d’Azur. Elle s’est faite tabasser, et lui est vigile à l’Annexe. Lui, c’est Ali, qui débarque chez sa sœur avec son gosse de 5 ans, et devient agent de sécurité pour avoir de quoi manger. Elle, c’est Stéphanie, une dresseuse d’Orque et qui n’a pas l’air bien en ménage. Il lui laisse son numéro. Ils vivent leurs vies chacun de leur côté. Puis un de ses orques enlève à Stéphanie ses deux jambes. N’ayant plus grand monde autour d’elle, Simon s’est apparemment fait la malle, elle le rappelle. Entre rire et émotion, on suit ses deux éclopés.

C’est d’une beauté rare. Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts (Bullhead) campent avec une grande justesse deux personnages qui se réunissent dans la douleur alors que tous les opposait. Elle, c’était une princesse, belle, et sans faille. Lui, un homme pauvre et violent à l’avenir terne. Ali va l’aider, lui redonner confiance, sans la moindre pitié, avec humour. Une très belle fable sur la renaissance, l’amour, le handicap et tout ce qui fait que la vie malgré sa tristesse nous offre des moments de parfait bonheur. Lorsque les lumières se sont rallumées, j’ai eu du mal à me soulever de mon siège, parce qu’il y a une telle intensité dans ce film, que ce sont mes jambes qui étaient coupées. Il s’imprime en nous, et l’on s’en souvient longtemps après avoir quitté la salle.

Brut et délicat à la fois. Poignant, saisissant sans se laisser aller à l’émotion facile et à la pleurnicherie. Pas de faute de gout. Un film qui peut très sérieusement prétendre à la Palme d’Or, et pour moi un coup de cœur et de poing ! ( A suivre)

Publicités

11 réflexions sur “De rouille et d’os – Le dernier sublime Audiard

  1. petiiteconne dit :

    J’ai envie de le voir mais comme je suis une fille chiante et ayant le sens de la contradiction, tout le tapage qu’il y a autour de ce film me fait trainer des pieds… :-/ Je sais pas, ça m’énerve que tout le monde aime! ^^
    Je vais investir dans une nouvelle carte ciné illimité, et j’espère qu’il sera encore à l’affiche d’ici là!

    • auroreinparis dit :

      Pour une fois le battage ne m’a pas dérangé, j’avais encore la claque d’un Prophète dans la tête (agacée par le battage médiatique, j’y avais été littéralement trainée par une copine, je ne voulais pas le voir). Et là, je me suis précipitée pour le voir presque en même temps que les privilégiés de Cannes !

  2. Audrey dit :

    Je n’ai pas vu Un prophète. L’histoire et le décor me font un peu « peur ». Mais j’ai adoré De battre mon coeur s’est arrêté et Sur mes lèvres donc je suis certaine que le nouveau Audiard vaut la peine…

    • auroreinparis dit :

      Tu me ferais presque courir en salle voir Holy motors alors même que ce film au départ me semble un patchwork bizarre et glauque de scènes sans cohérence … Mais maintenant, je suis curieuse !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s