Room – Lenny Abrahamson

1Ce n’est pas tant l’histoire que les critiques qui m’ont fait choisir Room parmi la pléthore de films à l’affiche. Une femme et un enfant, enfermés dans une pièce confinée, elle séquestrée depuis sept ans. Victime et mère de l’enfant de son bourreau. Mais mère avant tout, protégeant sa progéniture du mieux qu’elle peut, interdisant à son kidnappeur de le toucher, elle le cache à chaque visite. A la merci de celui-ci, ils semblent avoir établit une sorte de routine, entre désespoir et résignation. Jack, les cheveux longs et les idées de plus en plus lucides, a désormais cinq ans. L’âge pour sa mère de lui révéler leur situation.

Sensible, poétique, Room a l’intelligence de se focaliser sur la relation mère-fils et non sur le caractère glauque de l’histoire. Se découpant en deux parties, pendant la séquestration, et après, il touche juste, émouvant sans être démonstratif. Le cœur serré, le cœur battant, le spectateur se trouve embarqué dans l’histoire de cette filiation improbable. Le casting porte le film autant sinon plus encore que la réalisation, notamment ce petit garçon, d’une parfaite justesse. Le réalisateur ne force pas le spectateur à l’apitoiement, ne place pas au centre de son film un sentiment de pathétisme, mais bien un espoir et une vraie lumière qui perce la noirceur.

On pourra tout de même reprocher à Room des longueurs et un rythme très inégal. On pourra aussi lui reprocher d’être trop doux, et comme taillé pour les festivals internationaux, un côté « bankable » et tout public. Pour autant, il y a dans ce parti pris de se pencher sur la relation mère-fils et sur l' »après », plus que sur le tordu et le sordide, une intention louable. Il préfère se consacrer à la libération physique puis morale, en donnant voix à l’enfance candide. 

Pour résumer, Room n’est pas un film sur la séquestration et l’horreur mais sur l’espoir, la libération, l’amour et la reconstruction. Il émeut mais ne plombe pas. 

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8 réflexions sur “Room – Lenny Abrahamson

  1. tinalakiller dit :

    Un coup de coeur en ce qui me concerne ! J’ai aimé la métaphore de la relation mère-enfant sans qu’elle soit lourde, le sujet est glauque mais jamais son traitement, l’ensemble est émouvant et les acteurs sont juste incroyables!

    • auroreinparis dit :

      Je n’en garde pas un souvenir aussi enthousiaste mais je salue les mêmes qualités que toi. Il fallait réussi à traiter un sujet si écœurant et en faire quelque chose de beau …

  2. filou49 dit :

    ah tiens tu trouves le film doux? bon comme quoi je peux aimer les films doux alors contrairement à ce que j’écrivais en com du sentiment de l’été…car ce room m’a vraiment convaincu: sujet dérangeant très habilement décrit, interprétation saissisante notamemnt du petit garçon, éblouissant, personnages attachants, destinée bouleversante, et même la seconde partie souvent critiquée par son coté trop mélo m’a vraiment séduit… tiens j’ai vu le film il y a maintenant 3 semaines et j’ai toujours pas prévu d’en parler par manque de temps mais ton article me pousse à le faire au plus vite vu que le film ne connait pas un immense succès..

    • auroreinparis dit :

      Room est carrément surprenant ! Oui il est « doux », il traite d’un amour inconditionnel d’une mère pour un enfant qu’elle a eu de son violeur et kidnappeur. Et c’est fait avec une délicatesse délicieuse. Vraiment un beau film, je te rejoins !!

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