Je ne suis pas un salaud – Emmanuel Finkiel

1La bande annonce légèrement suffocante annonçait un film anxiogène. Duvauchelle campe un homme un peu paumé, dont la compagne l’a plaqué, qui sent la défaite et la dépression. Lorsqu’il est victime d’une agression très violente avec coups de poings et de tournevis,  on le sent devenir plus lucide, plus prêt à repartir sur de bonnes bases dans la vie. En parallèle, il dénonce un jeune homme qui clame son innocence et dont il brise la vie. C’est un portrait d’homme névrosé et torturé que nous livre le réalisateur.

Ce film n’est pas rose, il est angoissant, fait de hauts et de bas, on attend que ça pète, que ça se déchire, que la façade se craquèle puis explose. Eddie n’a pas de diplôme, un problème de boisson, vit dans un milieu urbain gris aux perspectives réduites. Durant tout le film le spectateur espère puis souffre avec Eddie, et sa famille. Brillamment interprété par Duvauchelle, Eddie incarne le malaise social, sa violence et son désespoir. C’est dans ses yeux cernés que l’on voit la fatigue et la jalousie s’installer jusqu’à un finish glaçant.

Le film est anxiogène, porté par un casting parfait. Il a toutefois le défaut de sa qualité, à savoir la radicalité de sa fin. On attend que ça pète, le spectateur se demande comment peut se terminer ce thriller social étouffant. Et il se termine d’une manière peu subtile, trop violente, trop peu vraisemblable. Reste toutefois un film nerveux, à la bande son électrisante, porté par un Nicolas Duvauchelle saisissant. A la fois portrait d’un homme fâché avec lui même et critique d’une société blessante, « Je ne suis pas un salaud » est une œuvre efficace et implacable.

Dur, anxiogène jusqu’à la toute fin, le film n’est pas fait pour vous distraire. Emmanuel Finkiel dessine un portrait à charge contre une société de consommation pas franchement faite pour les êtres fragiles. A voir.

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8 réflexions sur “Je ne suis pas un salaud – Emmanuel Finkiel

  1. filou49 dit :

    Ah moi j’ai énormément aimé ce film, gros coup de coeur du début d’année..effectivement le film est très sombre et très anxiogène plus que je ne l’aurais pensé pour le coup au vu de la BA et de ce que j’avais lu dessus et surtout aussi parce que son personnage principal est assez insaississable et surtout, alors qu’on aurait pu penser que le titre était à prendre ironiquement parlant, pas franchement sympathique..et pourtant on n’a que son regard à lui pour s’accrocher du coup c’est pas facile d’entrer en empathie avec lui et compatir avec sa descente aux enfers…et pourtant j’y suis pleinement arrivé grace à l’interprétation formidable de Duvauchelle et à la mise en scène tout en jeu de miroirs et en teintes bleutées de Finkel…Michel mon acolyte de blog a moins aimé-surtout la fin qu’il a trouvé ridicule- mais moi j’ai énormément marché la dessus… après il est pas à recommander à tout le monde j’en conviens… bonne journée à toi!!

    • auroreinparis dit :

      J’ai trouvé la fin un peu  » trop », trop violente, trop radicale. Pour le reste j’ai vu un film différent de la bande annonce car je m’attendais à un film sur une victime d’agression en proie à des persécuteurs, alors que c’est surtout un portrait d’homme névrosé, dont la société se moque un peu et qui verse dans la violence. C’est pas manichéen et Duvauchel est fantastique. Très dur mais très vrai en somme …

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