Au delà des montagnes – Zhang-ke Jia

1Entre Noel et le jour de l’an, rien de tel qu’une séance cinéma. C’est le film « Au delà des montagnes » qui a eu nos faveurs. Un mardi à 17h15, la salle de l’UGC châtelet était pleine pour assister aux tribulations d’un triangle amoureux. Tao est une jeune femme rieuse, semblant réellement aimer la vie et partagée entre deux hommes prêts à tout pour emporter son cœur. Entre le bellâtre décidé à faire fortune et le mineur surement plus sincère mais moins ambitieux, elle finira par choisir. Le film se partage en quatre tableaux, depuis l’année 1999 où elle fit son choix, jusqu’en 2025. La caméra de Zhang-ke Jia suit ses personnages depuis Fenyang, une province minière de Chine, jusqu’au soleil de Melbourne, au travers des années.

Le cinéma asiatique a une saveur particulière, et Au delà des montagnes n’y échappe pas. Les trois premiers tableaux, intelligents et bien filmés happent le spectateur qui s’émeut, observant le changement des protagonistes, leurs rancœurs et leurs regrets tapis au fond de leurs cœurs. La dernière partie m’a semblé tirée par les cheveux et perd de sa cohérence, on peut noter quelques maladresses et de véritables invraisemblances qui m’ont fait décrocher, jusqu’à la dernière scène, magnifique et émouvante. C’est le poids des choix des parents qui pèse sur les enfants, les espoirs déçus, et les amères désillusions que le film explore au travers de ses personnages.

Au delà des montagnes c’est de la chaleur, de très belles séquences, et une sensibilité qui affleure dans la construction de l’intrigue. Le dernier quart du film est singulier, baigné d’une lumière omniprésente, il est aussi le plus sombre et le moins intelligible. C’est aussi le plus symbolique des liens qui se distendent, de la froideur des rapports humains, dans un futur pas si lointain. Réflexif, abordant des thèmes propres à nos sociétés matérialistes, à cette recherche constante d’un meilleur niveau de vie, et à la perte des valeurs familiales, il perd toutefois réellement en force dans la dernière partie. Malgré une construction intéressante, des séquences et des dialogues sublimes, des comédiens fabuleux, le film est donc un peu boiteux.  Comme A touch of sin, film précédent du réalisateur, je l’ai trouvé trop long et le scénario devient trop paresseux sur la fin. Il nous éblouit pourtant lorsque l’on ne s’y attend plus.

Pour résumer,  Zhang-ke Jia brosse des portraits de personnages passionnants, filme la Chine avec beauté et sensibilité, sans concession aussi. Reste que la dernière partie aurait pu ne pas être tournée, ce qui aurait permit à ce film de conserver la force qu’il dégage pendant les trois premiers quarts.

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