Mon roi – Maiwenn

2015_10_26_LB_Chroweb-LB-Mon-RoiDifficile de passer à côté de cette sortie cinéma. Le quatrième long métrage de la réalisatrice s’attache cette fois-ci à un couple, une fusion de deux êtres, qui se font un bien fou au départ, puis se détruisent. On la retrouve suite à un accident qui la laisse handicapée et en centre de rééducation, avec quelques semaines devant elle pour réfléchir à sa vie, son passé et cet amour qui la détruit à petit feu et dont elle se sort difficilement. A la sortie de la salle, Monsieur et moi avions des analyses diamétralement opposées sur notre visionnage. Maiwenn, après avoir filmé un sujet choc qu’est la brigade de la protection des mineures de Paris (Polisse), s’attelle à nous parler d’une vie de couple particulièrement tourmentée.

Lui est un homme de la nuit, habitué des mannequins, de la fête et du bling-bling. Elle est une discrète avocat, divorcée, peu sure d’elle. Entre eux c’est la passion dévorante que filme Maïwenn. Puis la descente aux enfers de cette femme que son homme délaisse, tout en refusant de la laisser partir. J’y ai vu plusieurs sujets, premièrement celui de la difficulté de vivre en couple en mettant sous cloche certains de ses propres désirs, cette difficulté de conciliation entre la liberté et les responsabilités. Ce thème peut toucher chacun d’entre nous d’une certaine façon. Mais c’est aussi une personnalité tourmentée, trouble, sans doute atteinte de perversité narcissique que nous suivons, il s’agit de Giorgio.

Giorgio laisse une corde autour du cou de son épouse, tout en la laissant seule avec son fils. Il lui fait mille promesses, qu’il ne tient jamais. Il est doux, puis dur, la tourmente, puis l’étreint. Se fait lui même passer pour la victime et trouve toujours justification a ses actes, allant jusqu’à insinuer que le bourreau qui ne veut pas le laisser respirer, c’est elle. J’ai trouvé que la réalisation et la caméra de Maiwenn restituait bien ce phénomène, jusqu’à nous essouffler, nous fatiguer et nous faire souhaiter que cela s’arrête. C’est justement parfaitement ça une relation toxique, une relation d’amour-haine qui lasse, qui étouffe puis qui ravive, un grand huit émotionnel. Les deux comédiens, Emmanuelle Bercot ( Réalisatrice de La tête haute) et Vincent Cassel, si je n’ai pas trouvé que leur complicité crevait l’écran au début du film, sont en revanche excellents dès lors que la relation se complexifie. Cassel est d’ailleurs remarquable dans ce film.

En revanche, il y a des bémols comme ce recours aux flashs qui ne servent pas l’histoire, ou des maladresses dans le fil de narration. Mon roi est perfectible d’un point de vue purement cinéma, en revanche j’y ai trouvé de l’émotion brute, une véritable intelligence et un Vincent Cassel complètement magnétique. Je reprocherais seulement le côté trop bruyant et gesticulant du désespoir de Tony interprétée par Emmanuelle Bercot. Cependant, que l’on aime, ou pas, il est difficile de rester indifférent.

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12 réflexions sur “Mon roi – Maiwenn

  1. tinalakiller dit :

    Je compte aller le voir (enfin j’espère que ça va se faire), dans l’ensemble ta critique est assez encourageante (j’ai l’impression que la blogosphère, surtout venant de blogueuses, est moins sévère que la presse). Après je ne m’attends pas au niveau de Polisse…

    • auroreinparis dit :

      J’ai lu des critiques super virulentes et je comprends pourquoi. Niveau cinéma c’est brouillon. Mais franchement avec son casting et l’émotion qu’il y a deds, la presse est dure ! ( Et pourtant je suis une des rares à n’avoir pas été si touchée que ça par Polisse ..!)

      • tinalakiller dit :

        J’ai l’impression aussi que c’est facile de s’attaquer à Maiwenn. Ca m’avait énervée de voir comment les gens se sont acharnés sur elle après ses propos sur Première sur le féminisme alors qu’elle avait raison (même si elle le dit maladroitement).

      • auroreinparis dit :

        J’ai l’impression que c’est devenu à la mode de lui taper dessus. Moi j’ai aimé « Mon roi » malgré ses maladresse cinématographiques.

  2. Yuko dit :

    J’ai toujours quelques craintes avec le cinéma de Maïwenn, capable de bonnes choses mais aussi d’oeuvres plus rudes (Le bal des actrices). En tout cas, je suis contente de lire ton avis, nuancé, et surtout argumenté !

  3. Geo dit :

    J’ai beaucoup aimé. Les personnages ont de l’épaisseur, les acteurs jouent particulièrement bien et montrent les différentes facettes des personnages. L’aspect flash-back ne m’a pas vraiment gêné. Un film à voir, oui !

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