White bird – Gregg Araki

7Particulièrement grisée par son précédent opus, le foutraque Kaboom, j’avais hâte de découvrir « White bird », qui semblait auréolé d’un sulfureux mystère, porté par deux femmes sensuelles, Eva green en femme au foyer rendue folle par l’ennui de son mariage, et Shailene Woodley, jeune femme en pleine découverte de la vie. Un jour, la mère disparait, sans donner de nouvelles, comme une ombre évanescente, ne laissant que des souvenirs, pas toujours heureux. Mais au fil du temps, l’absence se fait pesante, des questions naissent, et les doutes viennent à se former dans l’esprit de l’adolescente.

Ce film est une réussite de bout en bout, autant pour le mystère de la disparation de la mère, que pour le dessin particulièrement brillant de chaque personnage. Le père, méprisé par cette femme sublime piégée dans une vie étriquée, est un des personnages les plus intéressants car le plus effacé, le plus discret et pourtant le plus central. Les flash-back amènent du rythme à l’histoire, révélant un peu plus l’intrigue jusqu’à la fin, particulièrement surprenante et inattendue. J’ai aimé la plastique des images, comme celle des personnages féminins, la lumière particulière et la mise en scène pop.

Peinture acerbe de la cellule familiale autant que thriller à part entière, White bird nous emmène dans les abîmes d’un foyer désabusé, ravagé par l’ennui, le mépris, et l’absence de communication. Puis dans les abîmes d’une absence qui pèse sans qu’on ne s’en aperçoive, de la brutalité de la perte, et du poids des mensonges. Autant je n’avais pas aimé Shailene Woodley dans « Nos étoiles contraires« , autant je l’ai trouvée bluffante dans ce rôle moins lisse et qui révèle ses qualités d’actrice. Conte réaliste et quelque peu poétique à la fois, traversé par de superbes images lorsque la jeune Kat rêve, j’ai passé un très beau moment de cinéma.

De la réalisation se dégage également un sensuel érotisme qui ajoute une atmosphère bien particulière à ce thriller familial. Gregg Araki sait s’intéresser aux jeunes adultes, les filmer avec intelligence et White bird en est encore une preuve. Il passe déjà beaucoup moins dans les salles, si vous le ratez au cinéma, tentez de vous le procurer lorsqu’il sortira en VOD, ou en DVD !

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10 réflexions sur “White bird – Gregg Araki

  1. Emrys dit :

    Il y a une vingtaine d’années, j’avais bien aimé Doom Generation de cet auteur. Depuis, j’ai été déçu par chacun de ses films que j’ai pu voir, Kaboom étant le dernier en date. Doom Generation représentait un état d’esprit qui m’était famillier alors que je me sens totalement déconnecté des films suivants, je n’arrive plus à m’identifier ou même à adhérer à la jeunesse qu’il nous présente sur l’écran.
    Même si ton article est tentant, j’ai un peu peur de rester une nouvelle fois sur ma faim, de ne plus retrouver ce côté borderline qui est à mes yeux totalement indissociable de la jeunesse.

  2. roxou06 dit :

    J’avais envie de le voir, mais il n’est pas du tout passé dans mon cinéma !! après lecture de ta chronique, cela m’agace encore plus ! je vais attendre sa sortie DVD alors 🙂

  3. laura dit :

    J’ai lu le livre de Laura Kasischke dont il est tiré (que j’ai beaucoup aimé) & du coup, ton avis me donne encore plus envie d’aller le voir ! Il faut que je me dépêche avant qu’il ne soit plus diffusé !

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