Les drôles de poissons-chats de Claudia Saint Luce

2De ce film je ne connaissais pas grand chose, si ce n’est cette affiche colorée et une bande annonce alléchante. J’avais hâte de le découvrir. Et puis, quel bonheur un film Mexicain, et donc tout en espagnol ! C’est l’histoire de Claudia. Elle vit seule dans un petit studio, mange des céréales dans du lait qu’elle conserve dans une glacière, mais pour une raison inconnue, retire les céréales violettes qu’elle pose à côté d’elle sur son lit. Une nuit, elle est réveillée par un violent mal de ventre qui la conduira à l’hôpital. Rien qu’une appendicite. Et la rencontre de sa vie. Dans le lit près du sien, une femme et sa petite famille, trois filles et un garçon qui s’activent autour d’elle. Les deux femmes se lient d’amitié, pour la douleur et pour le rire.

Les drôles de poissons-chats est un film touchant, drôle et triste. Il est un film qui nous raconte la vie, la maladie, la solitude, l’amour, l’amitié, la famille, la douleur, les batailles, tout ça à la fois. Il est lent, parfois. Il est sombre souvent. Mais j’ai aimé la joliesse de cette famille, et la découverte progressive des personnages, qui se livrent et se dévoilent tout en douceur. J’ai aimé voir cette parfaite inconnue trouver du réconfort au sein d’une fratrie qui l’accueille comme une des leurs dans un moment si douloureux. C’est l’histoire d’une solitude qui rencontre une douleur, de personnes qui s’apprivoisent et s’attachent. La réalisation fine, sans pathos, permet de suivre la manière dont cette tribu s’éprend de cette pauvre fille isolée, et l’absorbe en elle, même si elle reste parfois sur le carreau, quand on lui ferme la porte de la chambre, ou que de retour de weekend, elle laisse les enfants et s’en va.

J’ai par ailleurs trouvé cette fratrie intéressante par sa diversité. Ils n’ont pas tous le même père mais c’est autour de leur mère qu’ils s’unissent, cette mère malade qui s’affaiblit au fil du temps, s’étiole comme une fleur fanée, resserrant les liens entre la tribu et Claudia. C’est dans le quotidien, quasi ordinaire, que l’on s’attache aux personnages. Des plans fixes, des scènes sans dialogues rendent la réalisation parfois austère mais cela sied au propos et aux émotions véhiculées. Ce film m’a profondément touchée, notamment la scène de fin déchirante et d’une grande beauté en même temps.

Un film habité qui vous prend aux tripes, voilà ce qu’est cette première réalisation de Claudia Saint Luce. L’affiche est pleine de couleurs avec ce ciel bleu et cette voiture jaune, et s’il y a de durs moments, des larmes, de la tristesse, c’est vrai qu’il y a beaucoup de joie et d’espoir aussi. Il m’a émue, touchée et je le recommande sans réserve.

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