The We and The I de Michel Gondry

Michel Gondry est l’un des mes réalisateurs fétiches depuis Eternal Sunshine, jusqu’à Be Kind Rewind, en passant par La science des rêves. J’ai d’ailleurs hâte de découvrir l’adaptation du roman de Boris Vian, L’écume des jours, qui se tourne actuellement à Paris. J’aime son côté allumé et poétique, optimiste mais réaliste et l’originalité de ses histoires. Je n’aurais donc pas pu manquer le rendez-vous qu’il nous a donné dans un bus, en compagnie de jeunes New Yorkais pour le dernier trajet de l’année scolaire avant de longues vacances d’été. Ce dernié né de Gondry s’appelle The We and the I.

Dans les tous premiers plans la caméra suit un petit bus transistor qui diffuse une musique rap et nous emmène avec lui dans le quartier du Bronx. Puis un vrai bus, des gosses effrontés et nous voilà partis pour 1h40 de voyage au long de leurs rires, de leurs maux et leurs jeux d’ado. J’ai retrouvé la patte de Gondry dans les dialogues et d’autres détails de réalisation, mais l’on s’échappe du registre habituel avec des personnages hors du commun et des scénarios invraisemblables. Dans ce film, il a filmé de vrais gens, dans une situation à priori ordinaire, les acteurs étant d’ailleurs tous amateurs (mais très justes) et n’ayant pas endossé de pseudonymes. Le réalisateur est peut être un peu plus  » moraliste » et « socialiste », plus ancré dans notre réalité, comme pour produire une fresque sociale. Heureusement réalisée avec son oeil pétillant et malin, et sa sensibilité poétique, cette fresque se propose d’étudier le rapport de l’individu à la communauté dans un moment particulièrement compliqué dans la vie d’un humain, l’adolescence.

Pour émettre un bémol, je dirais qu’il n’a pas su éviter l’écueil du pathos vers la fin, et certaines longueurs m’ont faites regarder l’heure. Mais l’humour des jeunes, l’alternance des scènes cocasses, absurdes, tristes, drôles ou émouvantes maintiennent le rythme. Gondry nous présente un microcosme , une mini société qui souffre des mêmes maux que celle des adultes, avec une grande finesse d’esprit, et beaucoup de recul. J’ai pris un réel plaisir à visionner ce dernier Gondry, même s’il est, pour moi, loin derrière Be Kind Rewind.       

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3 réflexions sur “The We and The I de Michel Gondry

  1. silver account dit :

    On le sait déjà, Michel Gondry adore les installations et autres OCNI (objets cinématographiques non identifiés). Cette fois, il a fait le pari de nous embarquer durant 1h40 dans un bus américain rempli d’ados turbulents (ce qui n’est rien quand la veille on a soi-même passé sept heures dans un TGV rempli de festivaliers faisant semblant d’être attendus à Cannes par la terre entière…). Et après tout pourquoi pas ? Ce road movie urbain en huis clos ne pouvait que séduire sur le papier. Mais, une fois encore, Gondry se laisse aller à la molle description de l’esprit potache qu’il affectionne. On finit par s’ennuyer ferme devant les querelles adolescentes interminables aux rôles pesamment déterminés : aux filles, les plans drague, aux mecs les plans cul, pour simplifier. Devant cette avalanche de petits gags façon série américaine; on peine à se réveiller quand très artificiellement le cinéaste décide que la minute d’émotion est nécessaire dans une scène entre deux ados homos qui se séparent puis dans l’irruption de la mort (c’est bon ça coco, un décès qui glace tous ces petits branleurs d’effroi…). Au fond, ce qui étonne le plus, c’est le politiquement correct et le convenu moraliste qui privent progressivement le film de toute énergie intérieure. Tout ça pour ça, a-t-on envie de dire quand on atteint le terminus ou presque. La ligne Gondry s’avère cette fois comme une impasse certes sympathique (ados obligent) mais sans âme et sans ressort. Comme si le cinéaste n’avait pas su quoi faire de sa belle idée de départ, ainsi que l’atteste d’ailleurs un pesant découpage en trois parties bien inutiles. Petit démarrage pour la Quinzaine donc mais le programme à venir, concocté par le talentueux Edouard Waintrop, le nouveau Délégué général de la Quinzaine, s’avère suffisamment alléchant !

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