Barbara – Christian Petzold

Avant de m’envoler pour Nice, je me suis fait un petit rattrapage cinéma. Direction Les Halles pour voir un film qui me tentais vraiment: Barbara. Une femme, d’une trentaine d’année, à l’allure fatiguée, à la mine triste et aux cernes révélatrices, débarque à l’été 1980 dans un hôpital de province d’Allemagne de l’est en tant que chirurgien pédiatre. Venue de Berlin , elle est mutée là car soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest. Elle est accueillie par un jeune médecin qui la prendra sous son aile. On la voit donc vivre, la peur au ventre, parfois fouillée jusqu’à l’intime par les autorités du patelin. On la voit aussi voler du temps avec son amoureux au péril de sa vie.

Elle attend. Ne respire que pour son passage à l’Ouest, dans un décor tellement sombre, lent, pour ainsi dire presque mort. Mais on voit la vie, la vraie qui l ‘arrache à sa torpeur. Notamment cette gamine, qui s’évade régulièrement d’un camp d’internement et se retrouve à l’hôpital. Elles se prennent d’affection l’une pour l’autre, la médecin, et cette pauvre gosse, dans une douleur commune. Et malgré toute cette noirceur , il y a aussi le médecin chef, qui lui accorde sa confiance professionnelle et sa chaleur personnelle.

Alors quoi? Pas un film historique, pas vraiment. Pas un film politique non plus, pas vraiment. Un film romantique ? Pas tout à fait. Un subtile équilibre entre tout ça, terriblement touchant. Une vraie chaleur dans ses images, malgré toute la froideur des paysages et de l’époque. On suit Barbara, dans chaque plan elle est là, avec son visage blanc de blonde et ses valises sous les yeux. Sa frêle silhouette dont le passé ne lui appartient déjà plus, et dont l’avenir est incertain. C’est long. C’est très lent. On attend avec elle. Mais quoi ? Nina Hoss est une Barbara épatante, haletante, belle et poignante. Une belle histoire de confiance entre les êtres, celle qui se tisse alors même que le monde vit scindé en deux …

J’ai trouvé le film du cinéaste Christian Petzold  subtile et intelligent. Plutôt que de dépeindre dans les grandes largeurs le régime de l’époque, il en brosse le portrait au travers d’un personnage éprouvé, que la peur et la répression anéantit insidieusement. A voir.

4 réflexions sur “Barbara – Christian Petzold

  1. filou49 dit :

    alors c’est lent ou c’est captivant? j’avoue ne pas avoir bien compris si tu as été ou non passionnée par l’intrigue ou plutot séduit par l’intelligence du film…les critiques le comparent volontiers à la vie des autres, mais je suis persuadé qu’il est plus froid et plus cérébral que ce chef d’oeuvre au sujet pourtant bien proche, non?

    • auroreinparis dit :

      J’aurais aimé pouvoir te réponde … Je n’ai pas vu la vie des autres. Barbara m’a séduite par l’intelligence du rapport entre les personnages, et la plastik du film, pas par l’intrigue !

  2. Yuko dit :

    Je crois que c’est justement la force du film : sa grande pudeur et sa façon intimiste de traiter d’un sujet qui a jusqu’alors été traité par le biais direct des allusions à la stasi, au régime, à la séparation et autres..; (La vie des autres, Goodbye Lenin) ici, on découvre l’atmosphère de ces années allemandes, les contraintes mais aussi les espoirs des personnages…

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