Du vent dans mes mollets – Carine Tardieu

Une histoire où l’on donne la parole à une petite fille , Denis Podalydès et Agnès Jaoui en couple épuisé, Isabelle Carré en mère célibataire sexy ? Il ne m’en fallait pas plus pour me décider à découvrir  » Du vent dans mes mollets » de Carine Tardieu. Rachel, petite gamine de neuf ans à la moue mutine et aux soquettes blanches, sise en l’année de grâce 1981, apparait sur l’écran devant une petite machine à écrire, et nous confie qu’elle vit aujourd’hui un  chagrin plus grand que ce qu’elle a connu depuis qu’elle est toute petite. On aura tout le film pour découvrir quel est ce gros chagrin.

Rachel vit avec une maman qui cuisine avec amour des boulettes, et un Papa qui a été marqué à vie par Auschwitz. Sous leur toit, il y a aussi la grand mère maternelle, qui ne parle plus mais se pomponne toujours comme une pin up des années 20. La petite parle souvent à sa psy, parfois en vrai, mais souvent dans sa tête. Et surtout, la petite arrive en classe, au milieu de l’année et va s’asseoir à côté de Valérie, qui deviendra tant bien que mal, pour le meilleur et pour le rire, sa meilleure copine.

Une histoire de petite filles avec leurs tracas et leurs jeux. Des histoires de famille, et des histoires de couple. Un joli mélange entre innocence et souci d’adultes, entre le charme de l’enfance, et son obcénité. L’ensemble parait frais, et en même temps pas si léger qu’il n’y parait. J’ai trouvé la réalisation de Carine Tardieu très juste, et soutenue par un casting formidable, sans la moindre fausse note. Le duo de gamines parait vrai dans sa complicité, elles sont émouvantes avec cette espieglerie enfantine qui les conduit à commettre les pires conneries ! La mise en scène inventive et atypique de la réalisatrice souligne à merveille la contradiction entre le vent de liberté que représente la petite Valérie pour Rachel, et la tristesse qui suinte de l’appartement aux couleurs sombres.

En résumé, j’ai passé un excellent moment en suivant ce parcours initiatique, même si la fin du film m’a laissé perplexe ( et même s’il est tout à fait cohérent avec la scène d’ouverture). J’avais vu en 2007 la précédente réalisation de Carine Tardieu, La Tête de Maman, et j’avais là aussi bien aimé cet univers doux amer.   

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8 réflexions sur “Du vent dans mes mollets – Carine Tardieu

  1. filou49 dit :

    j’ai vu qu’il passait dans mon ciné de quartier ( qui rouvre apres plus de 2 mois de fermeture) la semaine prochaine je vais essayer d’y aller, car le film que j’aurais pu voir en avant premier en juin ( mais que j’ai raté par flemmardise :o) me tente beaucoup, et ta critique corrobore tout cela :o)

  2. Sarah dit :

    Très joli film, très doux-drôle et porté par des acteurs parfaits. Un petit bémol pour la fin qui arrive un peu abruptement après l’atmosphère global du film mais crédible quand même.

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