[Cinéma] La mule & Si Beale Street pouvait parler

La mule – Clint Eastwood

Clint revient une fois de plus, devant et derrière la caméra. On ne dira même son âge, mais je reste pantoise devant son énergie, sa capacité à produire encore, à vivre sa passion, à un âge déjà pas mal avancé. La mule c’est l’histoire d’un vieux vétéran qui se transforme en transporteur de drogue après avoir livré les fleurs de son exploitation toute sa vie, jusqu’à l’arrivée d’internet qui l’a mis à terre. D’être toujours sur les routes lui a valu de manquer tous les événements de la vie de sa fille, et coûté son mariage. 

Mais comme mieux vaut tard que jamais, il se rattrape avec sa petite fille, notamment grâce à l’argent de son activité illégale. Ah, Clint ne peut pas s’empêcher de bourrer son film de clichés racistes et réactionnaires, mais pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être attendrie par ce vieux Monsieur débonnaire, qui se lance dans de joyeux plans à trois avec de belles plantes de 25 ans. Les plans sur des paysages Américains merveilleux, la route à perte de vue, les rares cheveux d’Earl flottants au vent, les dialogues bien écrits, et ce personnage un brin loufoque, m’ont fait passer un très bon moment de cinéma.  Classique, et efficace.

Ce qui m’a donné envie de voir le film : Les notes Allociné, le nom du réalisateur.


Si Beale Street pouvait parler- Barry Jenkins

Restons aux Etats Unis, mais projetons-nous dans le New York des années 70. Le réalisateur du splendide Moonlight se propose d’adapter l’un des romans de James Baldwin, son auteur préféré. Tish et Fonny sont jeunes, très amoureux, et s’apprêtent à vivre ensemble lorsque le destin frappe et emmène le jeune homme en prison, pour un crime qu’il n’a pas commis. C’est autant un combat qu’une incroyable love story. La photographie est sublime avec ses tons chauds et orangés, la réalisation soignée à l’extrême, aucun cadre n’est laissé au hasard. Visuellement, c’est une réussite.

Hormis un Fonny un poil trop caricatural, les comédiens incarnent à merveille leurs personnages. Pourtant, il se dégage de ce travail une certaine artificialité. Les thèmes sont en soi parfaitement bouleversants, racisme, amour, parentalité, mais je n’ai pas été  remuée. Même la musique alourdit le mélo alors qu’elle aurait dû l’adoucir. J’aime les rythmes lents, mais ici le rythme semble contraint, bancal, maniéré. L’ennui a gagné le terrain sur la tension dramatique. Peut-être que le trop plein de lyrisme propret a eu raison de ma sensibilité.

Ce qui m’a donné envie de voir le film : la bande annonce

Quel est le tout dernier film que vous ayez vu au cinéma ? Avez-vous vu l’un de ces deux là ?

 

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10 réflexions sur “[Cinéma] La mule & Si Beale Street pouvait parler

  1. Pascale dit :

    Je suis plus enthousiaste pour les 2.
    C’est dommage de presque réduire le Clint (c’est comme ça qu’on l’appelle tous 🙂 ) à ses clichés racistes et à ses plaisirs avec des jeunettes (dans mon souvenir il n’y a qu’UN plan à trois. Il n’a pas dû leur faire bien mal et je l’ai trouvé tres drôle à ce moment) qui doivent occuper 45 secondes du film. Je crois que c’est un doigt d’honneur pour nous dire : « continuez à raconter des trucs sur moi ; moi, je me doute du temps qu’il me reste »…
    C’est la mélancolie qui l’emporte je trouve. S’identifie t’il à Earl qui a négligé sa famille ? Comme souvent, il se flagelle mais cette fois, il tente de se racheter.

    Pour Beale Street, tu fais les réserves que j’avais émises pour Moonlight, encensé à l’époque alors que comme ici, il retient trop l’émotion à mon sens. Il doit se freiner pour ne pas en ajouter à ces situations déjà tellement dramatiques… Le couple est sublime et je pense lire « du » Baldwyn au plus vite. Cela semble indispensable.

    P.S. : une amie est au Cambodge pour 2 semaines. Elle est aux anges 🙂

    • auroreinparis dit :

      Coucou Pascale !

      Concernant Earl, il y a deux plans à trois ( dans l’hôtel et chez le trafiquant) mais tu as raison, c’est un doigt d’honneur au temps qui passe. J’ai aimé ce papy, et globalement, le film.

      Concernant le second, je ne suis pas entrée dedans malgré la beauté folle du film et des acteurs. Ça arrive 😦 Mais j’ai aussi envie de lire le roman, très très envie. Alors c’est déjà ça de gagné !

      PS : Ah le Cambodge ! Même si ce ne fut pas mon pays favori, il me laisse de sublimes souvenirs !

  2. dasola dit :

    Bonjour Aurore, le premier m’a plu, le deuxième me tente moyennement. Je conseille Une intime convction avec un Olivier Gourmet excellent et je recommande tout autant La Favorite de Yorgos Lanthinos avec trois actrices exceptionnelles : Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone (en fille ambitieuse). Bonne journée.

    • auroreinparis dit :

      Le second c’est quitte ou double je pense. J’ai vu jeudi « Une intime conviction », j’ai prévu un article pour lui seul ‘ailleurs. Je suis très tentée par La favorite, peut être demain ! Merci pour tes recommandations 🙂

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