Une belle fin – Uberto Pasolini

1Ce film était numéro un de ma liste des sorties de la semaine, et un heureux hasard m’a permis de le voir plus vite que prévu. « Une belle fin » ou Still Life en anglais dans le texte se propose de raconter l’histoire de John May dont le travail consiste à retrouver les proches des personnes décédées. En cas d’échec, c’est lui qui organise les funérailles et y assiste, seul. Il est minutieux ce petit homme, un peu mono maniaque même, avec ses habitudes de solitaire, presque plus habitué aux morts qu’aux vivants. Après 22 ans de bons et loyaux services, et par souci de rentabilité, il se fait remercier.

Mais il a une dernière affaire sur le feu. Son voisin d’en face, qu’il ne connaissait pas, vient de mourir. Il se fait un devoir de retrouver ses anciennes amitiés, ses anciennes amours, coûte que coûte. Si l’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, si le rythme est lent, un peu comme la vie de ce petit Monsieur, j’ai été séduite par la poésie et l’humour de certaines situations. Tendre et triste à la fois, réalisé avec justesse et bienveillance, ce film vaut également beaucoup pour son comédien principal, Eddie Marsan, merveilleuse découverte. Je tiens à souligner que le réalisateur est Italien, pourtant j’ai retrouvé l’atmosphère bristish que j’affectionne tant !

Le sujet est à la fois original et très dur, la solitude jusque dans la mort dans nos sociétés contemporaines, il est pourtant traité sans larmes ni pathos. Sinistre par essence, le réalisateur fait de ce sujet une histoire débordante d’humanité, pleine de drôlerie et d’émotion. Si certaines critiques relèvent une réalisation trop carrée, classique, proprette, voir trop minutieuse et sans folie, je suis tentée de dire que la caméra rend simplement aux yeux du spectateur la vie qu’elle regarde, une vie redondante, bien rangée, celle de John May. Je n’ai pas été dérangée par l’absence de folie que certains lui reprochent. Si j’ai eu un peu de peine à entrer dedans, à prendre le rythme lent du film, j’en ai beaucoup aimé l’ironie bouleversante de la fin.

Je souligne une fois de plus l’interprétation d’Eddie Marsan, touchant, tout en retenue, en intériorité, et vous conseille ce petit film joli, subtil, original et socialement marquant.

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12 réflexions sur “Une belle fin – Uberto Pasolini

  1. filou49 dit :

    on lui reproche un manque de folie? bizarre je vois mal ce que la fantaisie rajouterait à cette histoire…par contre la lenteur du rythme et le fait qu’il faut un peu de temps à se prendre au jeu je suis d’accord, mais personnellement j’aime énormément la dernière demi heure et la fin, ironique et bouleversante m’a vraiment beaucoup séduit… le film a été réalisé il y a presque 3 ans et a beaucoup tourné dans les festivals c’est peut etre pour cela que les matching point semblent l’avoir vu (enfin ils s’en souviendraient quand même, non? :o)…

    • auroreinparis dit :

      Ah c’est peut être pour ça en effet ! Parce que sinon je le trouve original, et il n’a pas eu d’échos chez moi. J’ai aussi beaucoup aimé le dernier tiers, et il m’a laissé une impression très agréable. Eddie Marsan est fabuleux !

  2. matchingpoints dit :

    Merci filou49 de confirmer que le film existe bien depuis quelques mois…Il nous semble même de l’avoir vu sur le petit écran ! Un film très particulier, on s’en souvient d’une impression un peu mitigée, et de l’acteur !

      • filou49 dit :

        euh non pour le petit écran j’y crois pas trop à moins que les matching point ont accès à la télé anglaise car c’est ma seule explication valable :o)… Eddie Marsan a un jeu très minimaliste ( sans doute un poil trop pour moi) mais vu ses autres roles, ou il en faisait pas mal , j’avoue que le constraste et sa palette de jeu saisissante…

  3. kheiraupperassemblyroom dit :

    J’ai aussi été convaincue par ce film original même s’il doit être un peu difficile à « vendre » auprès d’un très grand public. Le réalisateur vit depuis des décennies à Londres et a donc bien adopté l’esprit britannique.

    • auroreinparis dit :

      Je ne crois pas connaitre ce réalisateur, mais il a clairement l’esprit british en dépit de son nom Italien ! Je pense ce film assez « vendable » au grand public pr ma part, il finit d’une manière assez émouvante pour ça, je crois …

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