J’ai fait la Route avec Jack Kerouac

Sur la Route de Jack Kerouac

J’ai avalé des kilomètres de bitume sale et poussiéreux de l’Amérique, menée tambour battant par Dean Moriartry et Sal Paradise, traversant le continent d’Est en Ouest à toute berzingue dans une folie dinguante et une liberté absolue. Sur la Route, j’ai rencontré le chef de fil de la Beat Generation qu’est Jack Kerouac, écrivain d’origine Franco-canadienne ayant grandi dans le Massachusetts et chef de file d’un nouveau mouvement qui rejette l’ordre social et son mensonge,  fuyant l’Est industriel pour la sauvagerie de l’Ouest, représentant pour eux l’or des premiers pionniers. Il nous raconte à travers Sal les estomacs qui hurlent de faim, la galère pour quelques dollars liquidés dans l’essence de la route, les souleries à mort dans d’improbables  bouges , la poussière de la terre de ce continent  » gémissant et terrible » ( Withman) , la vitesse démentielle comme un défi à la mort lancé par ses anges déchus, la marijuana qui trompe la faim des estomacs vides, les rencontres fantasques, et surtout l’amitié comme un emblème et la valeur suprême.

On lit ce livre comme on ferait nous même la route, la monotonie de celle-ci, grise et froide, ou colorée et brulante hante ces pages. Mais ce doux ronron, cette répétition des images , des mots, des noms de villes et des amis quittés puis retrouvés traduit la lassitude qui envahit parfois les âmes de ces errants à la recherche d’une vie naturelle, sauvage et libre dont ils poursuivent le mirage au long des kilomètres, jusqu’aux confins de l’Amérique. Et il y a l’hésitation de chacun à se fixer dans un port, à des cuisses de femme, à des sourires de marmots, puis le tiraillement, et la route qui reprend parce qu’il n’y a que là qu’ils puissent vivre.

 

Cette œuvre est rythmée par le jazz, ces pages sont écrites comme une partition de musique noire, ces mots, ces phrases, s’écoutent . Dans sa préface de l’œuvre, Michel Mohrt  évoque la nécessité de lire Sur la Route à voix haute, et c’est ce que j’ai fait quand je le pouvais, car il y a une musique délirante la dessous, et lorsqu’il décrit la valse des instruments, les accords de piano, le chant de la trompette, les voix noires, les fronts suants dans des bars miteux, tu l’entends ce jazz, tu l’entends cette musique et tu la vis.

Enfin, il faut savoir que l’écrivain que Kerouac plaçait au dessus de tous, qui a eu le plus d’influence sur lui est Céline, auteur que je place moi aussi, dans mes favoris, par la liberté de ton, la non-conventionnalité de ses écrits.

Bref, j’ai vécu des heures de voluptueuse folie et je place ce livre , ce roman, cet ovni, cette fusée, dans mes écrits cultes.

3 réflexions sur “J’ai fait la Route avec Jack Kerouac

  1. Ben Ji ヅ dit :

    Aurore, Ce message s’adresse directement à toi ( je me permet de te tutoyer vu que tu l’a fait dans un précédent commentaire ( vive le net tout le monde connait tout le monde ) je plaisante )

    Je voulais juste te dire que j’aime beaucoup ta façon de faire la synthèse des choses et de rendre les écrits ou dire ou même prestations des autres intéressantes au point d’en donner l’envie , certes pour l’article sur Damien , j’en avais déjà envie ( enfin d’aller le voir ) mais la moi qui ne suis lecteur qu’a mes heures perdues et nombreux sont ceux qui savent que le temps n’est jamais perdu avec moi ( enfin pas en ma compagnie hein je n’aurais pas la prétention de dire ça ) je ne perds pas mon temps dirons nous!
    Tu m’a donné envie d’aller feuilleter ce livre, ovni ? fusée ( ça va loin qd même une fusée hein ) et je pense aussi qu’il me serai fort agréable de lire 160 Mètres Carrés si seulement ce n’est pas la surface recouverte par les pages de ton livre mis à plat ! Non allons bon un peux de sérieux et de concret, Je commencerai par ton livre que je m’amuserai a finir dans le Métro  » Sur la route » du petit Théatre de l’échangisme 🙂 pour aller sucomber a mon envie de damien ( enfin de son spectacle )

    Biz 🙂

  2. Ben Ji ヅ dit :

    Vas falloir faire la manche ( mais bon avec tout ses problèmes d’Eurostar ne devrai-je pas faire la traversée à la nage ? )( mauvais jeux de mot hihi )

    Non sérieusement je pense qu’au mois de septembre tout ira mieux et vous serez encore là 🙂 et ton livre dans les bacs 🙂

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