Les petits ruisseaux font un film de Pascal Rabaté

Les petits ruisseaux

Hier, je déambulais sur les Champs Elysées, le coeur ouvert à l’inconnu et j’avais envie dire bonjour à n’importe qui. De ce fait j’ai atteint le cinéma  » Le Balzac » , bien planqué dans une rue parallèle à l’avenue. Tu dois te demander, public, ce que je faisais dans des rues si éloignées de mes lieux de villégiature usuels. Et je te répondrai, public, que nous ferions n’importe quoi pour les beaux yeux d’une femme.

5O degres dehors, -8 à l’intérieur, un choc thermique. Et le choc cinématographique me diras-tu public impatient ? Les petits ruisseaux, c’est pas un documentaire sur la sexualité de l’humanité ayant dépassé les 60 ans, ni même un traité du savoir vivre sa retraite. A mon sens c’est un film d’humour et de recul sur soi, sur le temps qui passe et flétrit les chairs, un beau pied de nez à la jeunesse ferme et arrogante, au jeunisme ambiant.  Ce n’est pas non plus un hymne à la vieillesse pour autant, mais juste le constat qu’être vieux n’est pas une fin en soi, encore moins la fin de tout, c’est juste une étape de plus dans la vie qui mène inéluctablement à la mort. Une vie qu’il s’agit d’occuper agréablement, même dans le dernier quart.

 

Le film brasse quelques clichés et une morale convenue, mais avec une légèreté et une finesse qui tient l’ensemble fort éloigné du pathos. Il faut y voir le second degrés, la subtilité et la drôlerie des personnages, leur légèreté et leur naïveté charmante. Les plans fixes donnent une gravité , les dialogues aux mots économes sonnent de manière percutante aux oreilles du spectateur.  Finalement l’image est belle, puisqu’il s’agit de se faire plaisir dans cette vie à la fois trop longue et trop courte, trop triste et très gaie, qu’il s’agit de ne pas courir après le temps, mais de profiter de lui. Les acteurs portent bien ce film sur leur grêles épaules, notamment l’époustouflant Daniel Prevost, loin de son registre habituel, et qui avec retenue et talent nous offre un personnage  grave , sérieu, tendre, hésitant, amusant, puis qui, constatant qu’il a encore le reste de la vie devant lui, va devenir un Dom Juan, un Casanova, un Epicure de l’Anjou.

 

C’est frais, c’est frétillant, ni pathétique, ni pleurnichard, ni revenchard, le tout sur un thème vraiment pas commercial. Pour un premier film, Pascal Rabaté s’en sort très bien. Je ne conseille pas ce film à tous les cerveaux, d’autant moins aux cerveaux adeptes de Blockbusters, ou fan de Fatal Bazooka, mais pour les autres, vous pouvez y aller, en gardant toujours ce désir de légéreté.

Il est à l’affiche depuis le 23 juin (2010).

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s