[Cinéma] l’Amérique du Sud au Nord : 90’s et Les oiseaux de passage.

90’s – Jonah Hill

Filmé en 16 mm et en format 4:3 avec des caméras de 1995, la réalisation nous plonge dans l’Amérique des années 90. D’après le titre original, nous sommes même au milieu de la décennie  90, dans la  banlieue Américaine de Los Angeles. On doit être au cœur de l’été, personne ne va à l’école, et le petit Stevie se met à skater pour traîner avec une bande de jeunes skateurs. Au début, le môme est heureux d’être de plus en plus accepté, il a cette sensation d’être cool quand à la maison il est le petit chéri d’une mère absente et le souffre douleur de son grand frère. Un ado en quête d’identité, qu’il va chercher au dehors.

C’est un film court et très juste sur cette période compliquée de l’adolescence où l’on teste ses limites, durant laquelle l’on se cherche un clan en opposition avec sa famille.  J’avais moi même une dizaine d’années dans ces mid-90’s et j’ai connu cette envie de me trouver un style, une bande, ces moments où l’on voulait juste traîner dehors, attirer le regard, aller à des fêtes. C’est le film d’une époque, celle de l’avant internet, mais aussi d’un âge. Le réalisateur a situé son action au cœur des années 90, mais le propos reste intemporel. Les adolescents d’aujourd’hui sont-ils vraiment différents ? C’est doux et dur à la fois, réaliste, les comédiens véritablement naturels. Tout sonne juste. Et la bande son souligne à merveille le caractère des personnages et des situations.


Les oiseaux de passage –  Ciro Guerra, Cristina Gallego

J’ai mis du temps à aller le voir. Hasard du calendrier j’ai fini par me décider et grand bien m’en a pris. Descendons plus au sud, et remontons dans le temps. L’histoire se déroule entre 1960 et 1980, en Colombie. 20 années qui suffiront à une tribu respectueuse des rites ancestraux à exploser sous le poids de l’appât du gain. Découpé en 5 tableaux chronologiques, le film décrit une descente aux enfers familiale et clanique.

Outre la réalisation précise et exigeante, la photographie splendide et les comédiens crédibles, le scénario tient en haleine sans avoir recours à des actions spectaculaires. C’est même plutôt lent, plutôt tranquille, presque indolent parfois. Mais reste que ces deux heures de film ne m’ont pas ennuyée et que je suis restée suspendue au destin de ces personnages déchirés entre leurs traditions paisibles et les vengeances d’honneur. Une réussite pour ce film à la croisée des genres. 

Avez-vous été au cinéma récemment ? Qu’avez-vous vu ?  

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16 réflexions sur “[Cinéma] l’Amérique du Sud au Nord : 90’s et Les oiseaux de passage.

  1. matchingpoints dit :

    C’est surtout le deuxième que nous essaierons de voir, ensuite le premier…C’est dommage lorsqu’il faut choisir par manque de temps !
    Bonne fin d’après-midi

    • auroreinparis dit :

      Oui et là je trouve qu’en ce moment il y a pas mal de chouettes films à voir. Le second est long, le 1er peut se voir si vous avez peu de temps (1h24), parfois ça joue ! Belle journée !

  2. Sybille Guerriero dit :

    Je suis allée voir 90’s jeudi dernier et j’ai adoré! Comme tu le dis très bien, son sujet est intemporel et il est développé avec justesse par Jonah Hill.

    J’ai oublié de parler du mélange des genres pour Les oiseaux de passage dans mon dernier article et c’est vrai que c’est aussi l’une des grandes qualité du film 🙂

    Je suis ravie d’avoir découvert ton blog grâce au commentaire que tu as laissé sur le mien!

    Bises,
    Sybille.

    • auroreinparis dit :

      Hello Sybille,

      Merci pour ton passage ici. Je vois que nous avons des gouts similaires en terme de cinéma.
      Pour les oiseaux de passage tu as aussi développé plein de sujets que je n’ai pas abordé !

      90’s laisse une marque douce dans mon souvenir, j’ai vraiment bien aimé !

      Très belle journée 🙂

  3. Pascale dit :

    Le premier clôturait le festival d’Annonay. Intéressant et très bien interprété avec une bande son adaptée à l’époque.

    Le second m’a profondément ennuyée et agacée. Malgré la splendeur visuelle, je n’ai vu que haine et bêtise chez tous ces gens dont je n’avais qu’une envie : qu’ils sentretuent pour disparaître de la surface de la terre.
    Je déteste qu’on me fasse ressentir ce genre de choses.
    Je trouve l’interprétation très approximative et le rôle principal tenu par un type inexpressif.
    Je n’en ai pas parlé sur mon blog car je ne voulais pas m’énerver davantage.

    • auroreinparis dit :

      Oui j’ai vu le commentaire que tu m’as laissé suite au mien sur le blog de Dasola. Je n’ai pas ressenti les choses ainsi, j’ai compris l’engrenage et la confusion de ces humains entre leurs rites , leur code d’honneur et l’appât du gain, ça fait faire que des conneries ce mélange explosif. J’ai aimé la douceur des expressions malgré le propos explosif et certaines scènes ultra violente. J’entends tout ce que tu en as pensé, mais c’est drôle comme je ne l’ai pas ressenti pareil !

      90’s est super joli comme film, un bel hommage à l’ado qui est en nous ^^

  4. Pascale dit :

    L’argent rend très con 🙂
    Plus que de la confusion, j’ai vu beaucoup d’hypocrisie chez ces gens. Je les ai sans doute jugés trop durement. Ce doit être ces histoires de religion et de superstition. Ça me rend moi très intolérante ces façons d’interpréter les textes ou les rites en fonction du sens du vent… et il y a beaucoup de vent dans ce film.

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