Au ciné : La terre et l’ombre & J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

1La terre et l’ombre – César Acevedo  : Dans une campagne entourée de plans de sucre de canne, une petite maison se dresse, abritant une famille frappée par le malheur. Gustavo est malade, malade d’avoir coupé de la canne à sucre et respiré l’air vicié des brulages. La famille n’a plus de ressource, et se tourne vers le grand père, parti des années auparavant, pour les aider à maintenir la ferme tandis que la grand mère et la bru iront remplacer le père aux champs de cannes. Plans fixes et contemplatifs se succèdent, paysages, visages burinés, et sourires.

La terre et l’ombre est un très beau film, très émouvant, mais très lent. La photographie est absolument sublime, les personnages portent en eux la douleur et l’espoir, ils sont terriblement habités. Le temps pourra paraitre long aux amateurs d’action, car il s’étire au long des plans fixes. Le désespoir s’étend comme une ombre sur cette terre. Le film vaut aussi pour la mise en scène de certains plans qui confinent au sublime, tandis que d’autres plans lents paraissent particulièrement austères. Une sensation d’étouffement pourrait survenir, jusqu’à cette fin éblouissante.

Note: 3/5

1J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd –  Laetitia Carton : Levés un samedi matin à 8h pour nous rendre au MK2 Beaubourg, nous n’avions qu’une vague idée de ce que nous allions voir. Pour ma part, je savais juste qu’il s’agissait d’un documentaire. La réalisatrice, comme une lettre à son ami défunt, nous livre un poignant témoignage sur la communauté des sourds, leur souffrance mais aussi leurs combats et leurs cultures. Très bien mené, très poignant et très poétique, le spectateur entre dans un monde invisible, dont les « voix » ne sont jamais entendues.

C’est autant un message du cœur qu’un plaidoyer militant en faveur de la langue des signes. A la fois intime et politique, c’est un documentaire, un épître, un poème tout en nuance, en silence et en mélodie.  La cinéaste a eu le mérite de jeter un pont entre deux mondes, et à le jeter avec joliesse, un regard sans pitié, pour expliquer aux entendants un monde difficile mais fascinant. Il a fallu se lever à 8h, et il ne passera sans doute pas longtemps, mais si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à le visionner.

Note : 3,5/5

Et vous, quels films de prévus ce weekend ? 

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