Le tout nouveau testament – Jaco Van Dormael

1Après avoir vu Poelvoorde dans une comédie un peu trop légère (Une famille à louer), j’attendais avec impatience la sortie du dernier né de Jaco Van Dormael, Le tout nouveau testament. L’histoire n’est pas bien compliquée, elle part du postulat que « Dieu existe. Il habite à Bruxelles ». Il est marié à une pauvre femme qui passe sa vie à pleurer son pauvre fils sur sa croix, le malheureux JC. Il a, en plus de ce fils disparu, une gamine de dix ans qui déplore fortement les activités de son père. Parce que ce Dieu là est un monstre, irascible, mauvais, sombre et méchant. Après avoir réussi à pénétrer dans le bureau de Dieu le père, trifouillé son ordi et dévoilé les dates de décès de la population terre, la petite s’échappe pour trouver six apôtres supplémentaires, qui s’ajoutant aux douzes de son frère, constitueraient une équipe de dix-huit apôtres …

Dix-huit apôtres, comme une équipe de baseball, sport que sa mère admire tant. Et nous voici partis à la recherche des six âmes que la petite a déniché au hasard, six âmes perdues et légèrement perchées. Le film entier est totalement perché, et il vous faudra abandonner votre premier degrés au vestiaire, et se laisser aller à la poésie parfois terriblement cynique de cette fable. Conte philosophique, aussi dur qu’il est beau, amène le spectateur à se poser de multitudes de questions. Blasphématoire, il fallait oser brosser le portrait d’un Dieu aussi tordu et odieux, le Tout nouveau testament s’avère tout à fait jouissif !    

Entre poésie loufoque, regard lucide sur nos questions existentielles, humour blasphématoire, Jaco Van Dormael réalise une fable à l’accent belge tout à fait réjouissante, doté de dialogues truculents et de personnages attachants. Mise en lumière par une réalisation soignée et une direction d’acteurs impeccable, ce film a tout bon. Si le délire aurait pu partir en roue libre, le résultat est au contraire maîtrisé, et l’originalité matinée de réalisme. Un bémol peut être émis toutefois, quelques longueurs lors des scènes avec les apôtres auraient pu être évitées afin d’aller un peu plus à l’essentiel.

Salutaire, dédramatisant la religion, poétique, parfois très dur, Le tout nouveau testament brille par son originalité et la maîtrise d’un sujet pourtant délicat et si mystérieux. La prestation de Poelvoorde en Dieu méprisable le place une fois de plus dans le panthéon de mes comédiens favoris. On remarquera la présence de Pascal Duquenne, le héros du film du même réalisateur « Le huitième jour », dans une scène particulièrement difficile et émouvante.  Recommandé sans réserve !  

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7 réflexions sur “Le tout nouveau testament – Jaco Van Dormael

  1. matchingpoints dit :

    Nous aimons l’humour noir et décalé et pourtant, Poelvoorde nous met mal à l’aise, malgré ses très bons films, comme Yolande Moreau d’ailleurs ! Votre critique élogieuse nous fera-t-elle peut-être changer d’avis ?
    Nous avons vu « Ricki and the Flash », ce n’est pas d’une même exigence intellectuelle, mais on s’est régalé !

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