Cake – de Daniel Barnz

1Après en avoir entendu parler par une amie, je me suis retrouvée assise dans une salle de l’UGC George V pour voir Cake. D’après le peu que j’en avais lu, Cake devait être le film de la révélation de Jennifer Aniston en comédienne de tragédie. Exit la Rachel de Friends, ou la gentille niaise de comédies légères, avec Cake, Jenny nous campe une femme détruite aussi bien physiquement que moralement, dont la vie s’est délitée et dont les nuits sont des cauchemars, emmurée dans sa colère et sa douleur, dépressive, droguée, s’enfermant de plus en plus dans ses angoisses. Puis une jeune femme de son groupe se suicide en sautant de l’échangeur, comme une révélation, sa vie prendra doucement un nouveau virage.

Bien que pas spécialement fan de l’actrice sortie de la série phare des années 90, j’étais bien heureuse de retrouver Jennifer dans un autre registre ! De « Cake » j’ai aimé la réalisation, la découverte progressive de l’histoire qui, même si elle est classique et assez prévisible, reste efficace. Malgré un format relativement peu original, dans une histoire également peu originale, le spectateur se fait happer par l’atmosphère asphyxiante, et la spirale destructrice du personnage principal. Cependant la manière de saisir le spectateur est quelque peu artificielle, à grands renforts de souffles rauques, de cris et de cauchemars. Dans les trente dernières minutes, on aimerait que cela s’arrête, qu’on mette fin à ses souffrances. Tirer sur la corde sensible, d’accord, mais jusqu’à la faire rompre, non merci.

Malgré une prestation honorable de l’ancienne héroïne de Friends, il y a cette sensation de « trop » qui l’emporte sur l’émotion. Le film se révèle mâtiné de bons sentiments qui l’empêchent d’aller au fond des choses, de râper réellement, de prendre aux tripes, de remuer les intestins. Si j’ai trouvé l’actrice réjouissante dans un rôle plus cynique, moins fardée, plus douloureux, j’ai fini par me lasser de ces râles sans fin, de sa posture d’accidentée, qui, finalement en fait tellement qu’on y croit plus vraiment.

Malgré quelques scènes réjouissantes, et un départ plutôt bien négocié, « Cake » se révèle quelque peu brouillon et inabouti. Jennifer Aniston semble avoir été lâchée par son réalisateur qui la laisse se diriger comme elle le sent. J’en sors donc assez mitigée.

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17 réflexions sur “Cake – de Daniel Barnz

  1. matchingpoints dit :

    Comme vous, pas spécialement fans de cette actrice et de ses histoires d’amour avortées, nous adorons toujours les rôles à contre-emploi. Mais cette methamorphose à l’américaine, nous a semblé trop caricatural à travers les quelques extraits. Cette histoire reste réservée pour le petit écran sur le canapé, peut-être serons-nous agréablement surprises…

    • auroreinparis dit :

      Oui c’est un peu caricatural en effet, ce que vous avez vu dans les extraits ( je n’avais pas vu de bande annonce), c’est un peu ce que j’ai ressenti avec le film entier … on peut en effet s’en passer

  2. Curieux Papotages dit :

    Je sors de la séance ! 😉 Je n’avais pas encore lu ton avis. Je suis un peu plus emballée que toi, mais je comprends ton impression, car en effet le film a quelques limites… mais Jennifer Aniston campe tout de même un rôle intéressant de mon point de vue 😉 La réalisation est plutôt maîtrisée, et le rythme est très cohérent. (je n’ai même pas regardé l’heure, c’est dire !!) 😉
    Merci pour ton article !

    • auroreinparis dit :

      Oui j’ai été un peu dure peut être, mais je n’ai pas ressenti autant d’émotions que mes deux amies, et j’ai trouvé des lacunes tant dans la mise en scène que dans la direction d’acteurs. Malgré ça, Jenni casse bien son image !

  3. Audrey dit :

    Je n’ai pas été bouleversée par Cake mais il faut croire que je l’ai bien plus apprécié que toi… et surtout, je n’ai pas vraiment ressenti ce « trop » dont tu parles (notamment au sujet de la fameuse corde sensible).

    C’est vrai que les grimaces de douleur de Claire m’ont finalement un peu agacée à la longue mais j’ai, au contraire, trouvé que ces histoires dramatiques ont été traitées avec pas ma de pudeur et de retenue. Dans le genre, on a fait 1000 fois pire.

    Par contre on est d’accord, c’est une histoire convenue et prévisible qui ne changera certainement pas le cours de nos vies ! 😉

    • auroreinparis dit :

      C’est vrai que je suis peut être un peu dure avec Cake, je ne me suis pas vraiment ennuyée, mais à la fin j’en avais marre et c’est ce que j’en ai retenu. Pour autant je n’en dis pas que du mal !
      Ca ne restera pas le film de l’année pour moi, même si c’est très bien que Jennifer Aniston se soit vu confié un rôle différent.

      • Audrey dit :

        Oui oui t’inquiète, j’ai également noté toutes les critiques positives que tu as fait à son sujet mais comme on est d’accord sur ces dernières, je n’ai relevé que les critiques plus négatives ! 😉

  4. Isa dit :

    J’ai lu à peu près la même critique sur Télérama , j’irais pas voir … non seulement, ce n’est pas le type de film que je cherche à voir mais en plus j’ai une petite tendance pour la Rachel de Friends !

  5. Culture & Co dit :

    J’ai très envie de voir ce film, malheureusement il ne passe pas dans un ciné près de chez moi … Dommage ! Je suis comme toi, pas spécialement fan de cette actrice, trop souvent cantonnée à des rôles dans des comédies sentimentales. J’aimerais la découvrir dans un autre registre, comme c’est le cas dans ce film.

  6. Ronnie dit :

    Bonjour,
    linéaire & redondant ….. & Aniston, quelle purge. 🙂
    Snobée par les Oscars, c’est encore heureux.

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