Quand je serai petit – Jean Paul Rouve

Après  » Sans arme, ni haine, ni violence« , au succès assez mitigé, Jean Paul Rouve nous revient dans une comédie sensible sur l’enfance, et la possibilité de changer un passé douloureux. Matthias vient d’avoir 40 ans, l’âge de son père lorsque celui-ci est décédé. Il est marié à une femme magnifique avec laquelle il a eu une délicieuse petite fille. Tout roule, lorsque lors d’un voyage il aperçoit un enfant au pull rouge et à la chevelure blonde qui lui rappelle avec une étrange force ce qu’il a été à son âge. Il va se lancer sur les traces de l’enfant qui vit dans le Nord, avec un père et une mère ressemblant à ceux du Matthias de 40 ans. Délaissant sa famille, il va investir la vie de cet autre lui même.

Jean Paul Rouve n’endosse pas ici un rôle comique et nous livre un film dont le thème de départ est génialissime. Faire la connaissance de nous même à l’age enfantin, avec l’expérience que la vie nous a livré … C’est une expérience à laquelle nous avons tous songé un jour. Il s’agit d’une jolie fable, d’une belle métaphore sur le passé et la manière dont nous aurions aimé pouvoir changer les autres, apporter un regard éclairé et expérimenté sur ce qui nous est arrivé. Entre magie et réalisme, la réalisation est plutôt bien menée. Sage. Epurée. Jean Paul Rouve laisse la part belle à l’imagination du spectateur en suggérant plutôt qu’en démontrant …

Cependant aussi émouvant qu’il soit, ce film m’a tout de même déçue. Je me suis ennuyée. S’il est au début un peu troublant, on entre vite dans un film où il ne se passe pas grand chose. Je trouve que ça part un peu vite pour finalement s’enliser. Le potentiel du sujet est totalement sous-exploité. Je trouve un peu étonnant que la famille laisse cet homme entrer dans leurs vies sans rechigner ni trouver ça douteux … Et puis il a une attitude beaucoup trop paternelle avec le petit, qui est, ne l’oublions pas, son double et non un gosse caché ! En vérité, le rôle de Matthias 40 ans est un brin pathétique, et les autres acteurs un poil fadasse ne l’aident pas beaucoup …

En bref, je reste bien plus convaincue par Jean Paul Rouve devant la caméra que derrière … Et je suis d’autant plus déçue que l’on m’en avait dit beaucoup de bien, mais comme le premier, il me laisse un gout de niaiserie et d’inachevé dans les yeux …

Je sais que mon avis est assez minoritaire. Si vous l’avez vu, qu’en avez-vous  pensé ? Dans le cas contraire, souhaitez-vous le voir ?

5 réflexions sur “Quand je serai petit – Jean Paul Rouve

  1. Giao dit :

    Merci pour cet avis éclairé, j’avais également trouvè l’idée épatante souvent utilisée d’ailleurs dans les films sur les voyages dans le temps assortis de paradoxes spatio-temporels.
    Ta critique m’evite de perdre deux précieuses heures et je t’en remercie bisouxxx

  2. cultureandbeaute dit :

    Merci pour cet avis bien détaillé, à voir quand même, même si jusqu’à maintenant tu as fais un sans faute ( ta critique sur dark shadow a exactement été ce que j’ai personnellement ressenti !) bisous et merci pour ttes ces bonnes critiques !

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