Deux romans aux antipodes

Moins que zéro de Bret Easton Ellis : Premier opus d’un talent prometteur, sorti en 1985, ce roman nous emmène au cœur de la jeunesse dorée de Los Angeles. Une jeunesse désabusée, blasée, camée jusqu’au yeux, embarquée dans une vie dénuée de sens entre fêtes arrosées et délires les plus trash et glauques. Un  monde sexe sans émotion, une consommation effrénée de l’autre comme un produit, pas un seul sentiment d’amour ou d’amitié vrai. Un égoïsme puant et transpirant qui te colle aux doigts, un désespoir tenace, une dépression maladive qui s’infiltre dans ton âme. Le livre est puissamment écrit par un jeune homme au sortir de l’adolescence, avec des mots simples qui construisent des phrases incisives.

Les personnages sont creux, le sénario vide, une répétition des faits et des gestes, tout ça représente simplement à merveille la vacuité de l’existence de Clay. La monotonie , le minimalisme , l’économie de détails, tout ça est volontaire et bien pensé pour décrire une vie denuée de sens. On a souvent comparé ce roman à l’Attrape Coeur de Salinger, livre que je n’ai pas encore lu.

Cabot-Caboche  de Daniel Pennac. Voilà un de mes auteurs préférés, un qui écrit bien, et clair, simple et fluide, et puis qui écrit beau et fait mouche à chaque fois. C’est toujours poétique, mais jamais dégoulinant, les Pennac sont d’adorables oeuvres féeriques bourrés d’humour et de trouvailles futées et charmantes. Le truculent Cabot-Caboche n’échappe pas à la règle. Pas d’atermoiement, d’apitoiement, de l’humour qui a du chien, du répondant, du punch. Et voilà pourtant des pages qui respirent la tendresse. « Le Chien » , un cabot tout cabossé par la vie, mais débrouillard et très doué pour démeler les odeurs, n’a qu’une idée en tête : se trouver un foyer et une maitresse pour l’aimer jusqu’à la fin de ses jours. Elevé dans la dureté de la décharge après avoir failli mourir noyé par des maitres peu scrupuleux qui le trouvait trop moche pour avoir le droit de vivre, c’est l’histoire des aventures d’un petit batard malicieux et tenace.

Pennac a écrit un livre pour enfant à partir de 11 ans. J’en ai 25, et je vous le conseille pourtant. Voici une pépite qui remonte le moral. Il n’est pas question de gagatiser devant les animaux mais seulement de reconnaitre leur juste valeur. C »est malin, très malin, très drôle et très bien pensé. J’adhère !

8 réflexions sur “Deux romans aux antipodes

  1. giao dit :

    j’avais lu American Psycho de Bret Easton Ellis qui m’avait pris au ventre tellement le « héros » est abject et fait rare, j’espérais à chaque page que la police l’attrape et lui fasse payer tous ses crimes.
    « Moins que Zéro » a eu énormément de succès et a inspiré un film avec Robert Downey Jr, la thématique me fait penser à « Twelve » un roman de Nick McDonell adapté au cinéma l’année dernière
    En citant l’Attrape-Coeur, tu me donnes envie de lire ce Moins que Zéro !

  2. nom dit :

    J’avais aussi lu American psycho quand j’avais 20 ans…a l’éqoque j’avais accroché car j’étais jeune. malgré les détails ( allant au détail près de comment il se rase, habille etc et citation de marques..) j’avais bien aimé ( j’avais sauté qq pages des détails ennuyeux ..)
    j’avais acheté donc moins que zéro.. dont je n’ai pas du tout accroché… livre basic, sans intéret, chiant…j’ai zappé cet auteur qui finalement n’est pas un auteur et n’apporte rien. N’a aucune originalité, reprends tout simplement ce qu’il a vu au ciné, tv etc ..

  3. Zofia dit :

    De BEE, je n’ai également lu qu’American Psycho ce qui a suffit pour me dégoûter de l’auteur ! J’avais eu beaucoup de mal à le lire à cause des descriptions pourtant il en faut pour me choquer, et parce que je l’avais trouvé totalement creux, vide. Un prétexte pour écrire du trash et du sexe.

    Quant à Daniel Pennac, j’ai L’oeil du loup à l’école et je l’ai racheté et relu depuis 🙂 si tu ne l’as pas encore lu je te le conseille

    • auroreinparis dit :

      L’oeil du loup, je note. J’adore Pennac ! C’est frais , enlevé, beau , ah la la …
      Plus j’y pense moins j’aime BEE, même si je lirais tout de même bien American Psycho, car c’est un livre culte tout de même et que j’avais adoré le film.

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