Les noces barbares – Yann Queffélec

Les noces barbares – Yann Queffélec

Ludo est un écorché vif, un enfant né d’entrailles pourries, fruit de la luxure et de la honte, de la douleur et de l’effroi. Sa mère, gamine de treize ans à la virginité souillée, l’enferme dans un grenier durant sa prime jeunesse. Même après avoir épousé Micho, qui tente de la réconcilier un tant soit peu avec son rejeton, elle ne le supporte toujours pas, le rejette avec  violence, incapable de voir en lui autre chose que les souvenirs  sanglants de sa conception. C’est l’histoire d’une vie brisée dans l’œuf, d’un môme qui n’aurait pas dû naitre, qui n’a pas de place dans l’existence. Qui mendie désespérément l’amour maternel, cherchant à se plier à ses quatre volontés, attiré par sa lumière et sa beauté comme un papillon de nuit. Mais qui n’obtient jamais un geste de tendresse, ni même d’attention. Elle se débarrasse de lui, comme on abandonne un animal génant. Il n’aura de cesse de la retrouver. Comme un soupirant éconduit, n’ayant d’autre obsession que d’épouser une belle inaccessible.

Étant allée me promener à Boligner, dans le quartier Saint Michel, une adresse dont je reviens généralement un sac plein de livres à prix dérisoire, je suis tombée sur ce bouquin. Il m’attirait. Le titre et la couverture me disait bien quelque chose … Profitant de mon séjour en Normandie, où je dévore des livres comme si ma vie en dépendait, je l’ai enfin ouvert. Et me suis souvenu de l’avoir déjà lu, il y a longtemps, dans mon adolescence. Mais il n’était pas question de le refermer. J’ai relu attentivement chaque page, redécouvrant chaque personnage. Ainsi que le ton du récit. Un ton tranchant , une écriture très fluide bien que poétique, et un maniement très fin de l’ironie et de l’humour.J’ai aimé le ton, les mots, le style de l’auteur.

Cette tragédie interroge sur la possibilité de vivre après un drame, et surtout de vivre avec le fruit de ce drame. Nous nous trouvons dans la tête de Ludo, ce gosse souffrant, cette plaie béante sur pattes. C’est violent. Sombre. Poignant.Funeste. Sans issue. Et pourtant, c’est une belle histoire.

 

Je ne suis pas déçue de l’avoir relu. Le roman a reçu le Prix Goncourt en 1985, et pour une fois, on se dit qu’il le méritait vraiment !

3 réflexions sur “Les noces barbares – Yann Queffélec

  1. MoMoInZewood dit :

    Oh, je l’ai lu aussi et j’ai adoré. Que ce soit le style ou l’histoire, sentiments ciselés, horreur à fleur de peau.

    Les autres Quéffelec n’ont pas cette force (je suis en train de me faire l’intégrale du coup ;)).

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