Louis Ferdinand Céline – Mort à Crédit I

Louis Ferdinand Céline – Mort à Crédit I

Un petit week end à la campagne pendant lequel je profite du temps libre et du calme pour dévorer des livres. J’ai trouvé dans la bibliothèque un livre de Céline. Il y avait déjà un moment que je souhaitais lire cet auteur dont je ne connaissais que le patronyme, sans avoir gouté ni à son oeuvre, ni à ses polémiques. Le livre que j’ai déniché, c’est Mort à Crédit I.

L’auteur , dans un récit foisonnant, virevoltant et épuisant, nous raconte son enfance et sa jeunesse. Les mots sont d’une violence rare. Parfois, j’ai eu envie d’abandonner ma lecture, de me tourner vers un monde moins dur, moins cru, des mots plus tendres. Trop de ponctuation, trop d’exclamation, trop de suspension, trop de mots aux phrases trop courtes. Et puis, je n’ai pas pu le laisser de côté. Je n’ai pas réussi à m’en séparer. La musique me berçait. La musique Célinienne. La fameuse. Je me suis trouvée ensorcelée dans son Histoire.  Cette musique saccadée, hystérique berce les angoisses de notre narrateur, ses névroses, ses traumatismes. On est jamais tranquille. Pierre Langers , dans  » Quand Céline s’exaspère …M. Denoel nous dit », explique qu’il ne peut y avoir de demi mesure, Céline « vous empoigne , ou il vous dégoute ».  Pour ma part, il a réussi à provoquer des émotions contradictoires, des moments de répulsion féroce, mais une fascination inamovible. Peut être malsaine. Mais tenace. On en sort nauséeux. L’auteur nous a mis le nez dans sa merde, jusqu’au cou.

Céline estimait ne pas être un écrivain. Il se décrivait comme un inventeur , celui d’un langage vivant. Le style littéraire de l’homme est intrinsèquement vivant, d’une turbulence ubuesque, difficile à suivre parfois, il nous sème … Malgré cette vivacité, ce foisonnement que l’on peut comprendre comme désordonné, chaque phrase fut travaillée minutieusement, le mot juste à la place adéquate. Et le rythme de son roman nous conduit comme un fil d’Ariane. Il nous mène, nous transporte sur le dos des émotions. On aime, ou on aime pas. Mais on ne peut rester indifférent.

 

Je trouve le II (Guignol’s Band), et je rempile pour une nouvelle semaine avec Louis Ferdinand Céline:  » C’est dégoutant d’écrire sur soi-même, moi, moi, moi ;  et se faire sympathique ce serait plus dégoûtant encore, il vaut mieux se présenter au public sous un jour ignoble. Il faut que le caractère soit plus vrai que lui-même » [… ]    ( Interview avec Olga Obry, Le Phare Dimanche 1957)

 

  • Site très complet et très bien fait sur l’auteur, pour comprendre son œuvre, et le personnage : LF. Céline

4 réflexions sur “Louis Ferdinand Céline – Mort à Crédit I

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