Le dernier Besson

 

Après un brunch gargantuesque que je vous raconterai ultérieurement, nous avons décidé d’aller tranquillement roupiller au cinéma Montparnasse devant le dernier Besson, The Lady. Luc nous raconte dans cet opus l’histoire de la Birmane Aung San Suu Kyi, fille d’un général tué par ses rivaux le 19 juillet 1974. Mariée à un historien Anglais, mère de deux garçons, elle sacrifiera sa vie de femme au profit de celle de militante pour la démocratie. Alors qu’en 1988 elle revient au pays pour accompagner sa mère malade dans la mort, voici les anciens amis de son père qui déboulent pour l’exhorter à devenir leur porte-parole.

J’avais suivi cette histoire de très loin, sans jamais vraiment m’interesser ni à cette femme, ni à son pays. J’ai trouvé interessant le parti-pris de Besson de nous relater l’isolement de plus en plus pregnant de Aung San Suu Kyi. Diviser pour mieux régner, c’est la méthode utilisée par la junte Birmane pour faire pression sur elle. D’abord séparée de ses collègues, jetés en prison, puis de sa famille qui ne parviendra plus à obtenir de visa, elle se retrouvera seule maintenue à domicile par décision militaire (pendant 15 ans). Il y a par moments une belle émotion, une intensité forte .

En revanche, j’ai trouvé la réalisation un chouia brouillonne, on ne savait pas toujours bien où l’on en était dans l’Histoire.  Et je soulignais le parti pris de Besson de jouer sur l’émotionnel, la corde sensible, malheureusement cela relègue la lutte politique en seconde place, et c’est ce qui m’interessait le plus. Si Aung San Suu Kyi apparait comme une sorte de Sainte, dans le cadre d’un portrait lisse, il me semble qu’il s’agit d’un choix absolument délibéré. Cependant, j’aurais aimé plus d’aspérités dans ce conte. 

En résumé, un bon mélo mais on apprend pas grand chose sur la lutte de la prix nobel de la paix 1991, pour la liberté de son pays. Très dommage.  

Tout de même un grand bravo à Michelle Yeoh , qui signe là une belle interprétation.  

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