Les enfants de la lune –

La permission de minuit – de Delphine Gleize

Déjà il s’agit de signaler qu’il ne faut pas aller au cinéma le ventre vide. Car lorsque ton estomac crie famine, tu trouves le temps long, et tu as l’impression que le réalisateur aurait dû l’arreter beaucoup plus tôt son film, pour que tu puisses courir te restaurer sous peine de mourir d’inanition. Il s’agit également de signaler que plus Vincent Lindon vieillit, plus il ressemble à mon ex beau-père. Le film ? J’y viens.

La permission de minuit relate  une extraordinaire histoire d’amitié entre un jeune garçon de 13 ans, atteint d’une maladie rare qui l’empeche de soumettre sa peau à la lumière du jour, et son medecin, un homme qui, brisé par la mort de son frère, avait perdu le gout d’exercer.   Professeur en dermatologie, il rencontre ce petit garçon, à l’âge de 2 ans, puis le regarde grandir tout en le soignant. Leur relation va bien plus loin que celle du soin, il lui donne des conseils, l’éveille à la vie, le console, le protège comme un  père, son véritable géniteur ayant préféré prendre la fuite devant le fardeau de la maladie. Mais un jour, le professeur accepte un poste à Genève.

Le héros, ce petit bout de chou de treize ans aux cheveux longs hirsutes et rebels, au visage mate parsemé de tâches de rousseur, porte vraiment le film à lui tout seul, grâce à son interpretation juste d’adolescent partagé entre l’espoir et le découragement. On lui a adjoint un partenaire de choc en la personne de Vincent Lindon, qui s’est illustré bien des fois dans des rôles d’homme sensible et engagé, un grand héros du quotidien.

Si Delphine Gleize a choisi les bons personnages, déploie de strésors de tact et d’émotion, j’ai tout de même trouvé l’ensemble long. Le film aurait pu s’arreter bien des fois, et l’on repartait quand même, se demandant quelle pourrait bien en être la conclusion. Elle a la finesse de ne pas s’apitoyer sur la maladie, pour mettre en lumière l’amitié, les sentiments purs et décrire avec joliesse les états d’âmes d’un adolescent, homme en devenir. Malheureusement, si l’essai est convaincant sur le début, il s’essoufle sur la longueur, et vire au téléfilm sans ambition. Il aurait fallu qu’elle s’arrête à temps, un temps plus tôt.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s