Une vie – Maupassant

Une vie – Maupassant

Le titre même de ce roman ( Le 1er) de Maupassant évoque la vacuité de l’existence, réduisant ses personnages à l’anonymat. Pour le pitch, public, c’est très simple. Jeanne est une jeune femme pleine de rêves et d’espoirs, chérie par « petite mère et petit père », des parents à l’écoute, fortunés, qui lui ont donné une bonne éducation.


Peu après sa sortie du couvent, elle épousera un jeune homme qu’elle croira aimer, portée par ses lectures romanesques. Julien de Lamare, radin, et coureur ne fera que son malheur. Jeanne, à qui son mari donnera un fils ne vivra que pour celui-ci. Mais le garçon l’abandonnera.
Bien que Jeanne subisse une série de profonds malheurs ( tromperie de la part de son mari et mort de celui-ci, morts de ses parents, abandon de son fils), le roman est lisse, sans profonde émotion. Plus l’héroïne s’enfonce dans sa mélancolie, plus l’on a l’impression de lire une succession de faits, méticuleusement racontée. On a réellement l’impression qu’il ne se passe rien.

Je venais de terminer  » Madame Bovary » de Flaubert avant d’entamer « Une vie« .  Les deux romans se ressemblent. Jeanne est une héroïne Flaubertienne. Elles ont trop lu, ont trop rêvé leur vie, ont confondu la littérature et le quotidien. Le décalage entre leurs espoirs et leurs réalités les consume. Comme dans le plus célèbre roman de Flaubert, il n’y a pas débauche de sentiments, le style est lissé.
Cependant, Jeanne n’est pas une Emma, elle renoncera, s’anéantira dans le pessimisme de ses pensées, abandonnera, quand Emma, dans le feu de ses passions et de ses espoirs s’exaltera. On peut penser que le roman de Maupassant recrée le vide, dans toutes ses dimensions jusqu’à la décrépitude de chacun des personnages ( de Lison la tante fantôme au mari, en passant par les parents de l’héroïne, et de l’héroïne elle même). Jeanne ne se suicide pas, elle se contente de vieillir. Ses rares moments d’exaltation ( notamment lorsqu’elle retrouve des lieux ou des objets connus, ses « madeleines » de Proust) ne la rendent que plus pathétique.

J’aime Maupassant , j’ai adoré son « Bel Ami » , et plusieurs de ses nouvelles dont « Boule de Suif« .  A mon sens  » Une vie » est différent.
Jeanne est une femme qui se complet dans son « malheur » autant qu’elle en crève. Maupassant a fait d’elle une sorte d’ « anti héros » , elle ne cesse de déraper, elle n’agit pas. Neurasthénie complète. A la différence d’Emma Bovary qui en se donnant à Rodolphe, puis à Léon, tentera de remonter la pente, et de se donner une raison d’exister.

Bref, public, lis le, si ce n’est pas déjà fait.

6 réflexions sur “Une vie – Maupassant

  1. Maria dit :

    Merci beaucoup, on se croirait pas du tout à l’école en Terminale L avec son prof de français. Sauf que lui était captivant. Arrete de te prendre pour une pseudo artiste. Tu es RIEN, le néant total.

  2. Maria dit :

    Ouh je vois que ton amie est du meme niveau intellectuel. Me voilà rassurée. C’était pour la rime maria métèque car là désolée mais je vois pas le rapport, si rapport il y a bien sur.

    • Aurore Rimbod dit :

      Dis moi juste qui tu es, si l’on se connait. Et plutot que de continuer ici, ( car j’imagine que tu as dis ce que tu avais à dire), nous pourrions peut être nous échanger des mails constructifs ou tu m’expliquerais la vie ?

  3. Périclès dit :

    Bien sûr que tu connais cette personne Aurore…C’est un(e) jaloux/se pas très occupé(e) dans sa vie apparemment, puisqu’il/elle s’intéresse au néant ( vaste question )

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